Syrie: Les observateurs arabes à Homs, 30.000 manifestants anti-régime

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Les observateurs de la Ligue arabe ont débuté mardi leur mission en Syrie en se rendant à Homs, bastion de la révolte contre le régime, où quelque 30.000 personnes manifestaient au lendemain de la mort de plus de 30 civils tués par les forces gouvernementales, selon des militants.
Les observateurs de la Ligue arabe ont débuté mardi leur mission en Syrie en se rendant à Homs, bastion de la révolte contre le régime, où quelque 30.000 personnes manifestaient au lendemain de la mort de plus de 30 civils tués par les forces gouvernementales, selon des militants. — afp.com

Les observateurs de la Ligue arabe ont débuté mardi leur mission en Syrie en se rendant à Homs, bastion de la révolte contre le régime, où quelque 30.000 personnes manifestaient au lendemain de la mort de plus de 30 civils tués par les forces gouvernementales, selon des militants.

La télévision privée Dounia, proche du pouvoir, a affirmé que les observateurs s'étaient rendus dans le quartier de Bab Sebaa, où ils «ont évalué les dégâts faits par les groupes terroristes».

Les autorités affirment que les violences que connaît la Syrie depuis la mi-mars sont le fait de groupes «terroristes armés» alors que l'opposition accuse le régime de réprimer dans le sang un mouvement de contestation pacifique.

L'agence officielle Sana a rapporté par ailleurs une attaque «terroriste» mardi sur un gazoduc, dans la région de Homs.

«Les observateurs arabes doivent se rendre également à Hama (nord) et à Idleb (nord-ouest)», a ajouté Dounia, sans préciser de date. Un civil a été tué et quatre autres blessés mardi par les forces de l'ordre dans cette dernière province, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dounia avait fait état plus tôt de la rencontre entre la délégation arabe et le gouverneur de Homs, Ghassane Abdel Al. Dans un autre quartier insurgé de Homs, Khalidiyé, quelque 30.000 personnes observaient un sit-in pour «dénoncer les crimes du régime» du président Bachar al-Assad, selon l'OSDH. D'autres manifestations ont eu lieu dans les quartiers de Bab-Dreib et Jab al-Jandali.

Le président de l'OSDH Rami Abdel Rahmane avait indiqué dans la matinée à l'AFP que onze chars s'étaient retirés vers 07 heures GMT de Baba Amro, autre quartier rebelle, théâtre ces derniers jours de bombardements selon des militants.

L'OSDH et le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l'opposition, avaient exhorté ces derniers jours les observateurs à se rendre tout particulièrement dans ce quartier.

Rami Abdel Rahmane a ajouté toutefois ne pas savoir si des transports de troupes étaient encore présents dans le quartier.

«La délégation des observateurs est entrée à Baba Amro, accompagnée de personnes du gouvernement, mais n'a pas rencontré d'habitants», a-t-il dit plus tard.

Le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, chef de la mission des observateurs, avait indiqué dans la matinée à l'AFP que les responsables syriens avaient été «jusqu'à présent (...) très coopératifs».

Cinquante observateurs arabes sont arrivés lundi soir en Syrie pour surveiller la situation sur le terrain, alors que l'ONU fait état de plus de 5.000 personnes tuées dans la répression depuis la mi-mars.

Leur mission fait partie d'un plan de sortie de crise de la Ligue arabe qui prévoit l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs arabes et la presse.

Quarante-quatre civils ont été tués lundi par les forces gouvernementales, dont 34 dans la province de Homs.

Le CNS avait demandé lundi au Conseil de sécurité de l'ONU «d'adopter» le plan de la Ligue arabe sur la Syrie estimant que celle-ci n'avait «pas les moyens de le faire appliquer».

"Il est meilleur que le Conseil de sécurité de l'ONU s'empare de ce plan (arabe), l'adopte et donne les moyens de l'appliquer", a déclaré le dirigeant du CNS, Burhan Ghalioun, lors d'une conférence de presse à Paris.

«Aujourd'hui, le plan arabe est un bon plan pour désamorcer la crise mais je crois que la Ligue arabe n'a pas vraiment les moyens de (le) faire appliquer», a poursuivi M. Ghalioun, basé à Paris.

S'il est adopté par l'ONU «cela lui donnera plus de force», a-t-il estimé soulignant que jusque-là «le gouvernement syrien n'a pas respecté ses engagements».

Une première équipe de la Ligue arabe était arrivée jeudi à Damas pour préparer la mission. «Les observateurs travaillent dans des conditions que la Ligue arabe dit ne pas être bonnes (...) Je pense qu'on a mal négocié peut-être les conditions de travail des observateurs», a poursuivi M. Ghalioun.

Par ailleurs dans la capitale, Damas, relativement épargnée par le mouvement de contestation, un étudiant a ouvert le feu mardi à l'université, faisant un mort et quatre blessés, a rapporté Sana sans préciser ses motivations, alors que des militants affirmaient que l'attaque était le fait de plusieurs étudiants pro-régime.