Yémen: 13 manifestants tués à Sanaa

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Treize manifestants ont été dans l'attaque lancée samedi à Sanaa par des forces de sécurité et des partisans armés du président yéménite Ali Abdallah Saleh, selon un nouveau bilan obtenu dimanche de sources médicales.
Treize manifestants ont été dans l'attaque lancée samedi à Sanaa par des forces de sécurité et des partisans armés du président yéménite Ali Abdallah Saleh, selon un nouveau bilan obtenu dimanche de sources médicales. — afp.com

Treize manifestants ont été dans l'attaque lancée samedi à Sanaa par des forces de sécurité et des partisans armés du président yéménite Ali Abdallah Saleh, selon un nouveau bilan obtenu dimanche de sources médicales.

"Au total, 13 manifestants ont été tués et 50 blessés par balles", a déclaré à l'AFP l'une des sources médicales, alors qu'un précédent bilan faisant état de 9 tués lorsque les forces de sécurité et des hommes armés ont ouvert le feu et usé de gaz lacrymogène et de canons à eau pour empêcher la progression de dizaines de milliers de personnes participant à une marche réclamant le jugement du président Saleh.

Samedi dans la soirée, le président Ali Abdallah Saleh, qui doit quitter le pouvoir dans deux mois, a annoncé qu'il allait se rendre "dans les prochains jours" aux Etats-Unis, afin de faciliter l'élection présidentielle anticipée, prévue le 21 février.

Il n'a pas précisé la durée de ce séjour, mais a assuré qu'il rentrerait au Yémen pour reprendre ses activités politiques en tant qu'"opposant".

Les forces de sécurité et des partisans armés de M. Saleh ont ouvert le feu et utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre les participants à "La Marche de la Vie" à leur arrivée dans un quartier du sud de Sanaa après avoir parcouru à pied 270 km depuis Taëz (sud-ouest), selon des témoins.

Le gouvernement a exprimé son "profond regret" pour les victimes et annoncé l'ouverture d'une enquête sur "ces événements douloureux" afin de sanctionner "ceux qui les ont provoqués", dans un communiqué publié par l'agence officielle Saba.

L'objectif de "La Marche de la Vie" était d'obtenir que M. Saleh et ses proches soient jugés pour la répression qui a fait des centaines de morts depuis janvier, en contestant l'immunité quelui accorde l'accord de sortie de crise signé le 23 novembre à Ryad.

Le nouveau regain de violence est survenu le jour où le Premier ministre, Mohamed Basindawa, s'est adressé au Parlement pour présenter son programme pour les deux années de transition prévues dans l'accord de Ryad.

M. Basindawa a annoncé le lancement d'un dialogue national sur l'avenir du pays, impliquant les jeunes protestataires qui contestant l'immunité accordée à M. Saleh.

Le Premier ministre a aussi plaidé pour la création d'un fonds international d'aide au Yémen, dont l'économie est au bord d'effondrement. Et il s'est engagé à rétablir les services publics pour les 24 millions d'habitants, qui souffrent depuis le début de la contestation de pénuries récurrentes de produits pétroliers, de gaz domestique et de fréquentes coupures d'eau courante et d'électricité.

Le gouvernement, qui prépare une élection présidentielle anticipée le 21 février, va oeuvrer pour le rétablissement de la sécurité et assurer "la bonne gouvernance" dans "un Etat civil, démocratique et moderne", a déclaré M. Basindawa, dont le gouvernement d'union a pris ses fonctions le 10 décembre.