Erdogan accuse la France d'un «génocide» en Algérie et s'en prend au père de Sarkozy

DIPLOMATIE Le Premier ministre turc ne décolère pas après l'adoption par l'Assemblée d'une loi punissant la négation d'un génocide, notamment celui commis en Arménie...

Julien Ménielle

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Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le 22 décembre 2011 à Ankara.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le 22 décembre 2011 à Ankara. — REUTERS/Umit Bektas

Recep Tayyip Erdogan avait invité il y a quelque jours la France à revisiter son histoire coloniale plutôt que de se pencher sur le génocide arménien. Ce vendredi le Premier ministre turc a précisé sa pensée: «On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s'agit d'un génocide», a-t-il déclaré en conférence de presse.

«Si le président français M. Sarkozy ne sait pas qu'il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (...) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940», a ajouté Erdogan. «Je suis sûr qu'il (Pal Sarkozy) a beaucoup de choses à dire à son fils sur les massacres commis par les Français en Algérie», a-t-il poursuivi, avant de conclure: «Les Algériens ont été brûlés collectivement dans des fours. Ils ont été martyrisés sans pitié».

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Au lendemain de l’adoption par l’Assemblée d’une loi pénalisant la négation du génocide arménien, non-reconnu par la Turquie, le ton n’en finit plus de monter. Erdogan a accueilli jeudi la nouvelle en déclarant que ce texte relève d'«une politique fondée sur le racisme, la discrimination et la xénophobie». La communauté turque de France a de son côté manifesté devant le palais Bourbon.

Dès l’annonce de l’examen du texte à l’Assemblée, le Premier ministre turc avait annoncé la couleur: «Ceux qui veulent étudier un génocide feraient mieux de se retourner sur leur passé et de se pencher sur leur propre histoire, sale et sanglante». Erdogan a prévenu jeudi que «les conséquences sur les relations politiques, économiques, culturelles et dans tous les domaines avec la France seront graves». Conformément aux menaces, l’ambassadeur turc en France a déjà quitté Paris.