Zacarias Moussaoui sera-t-il rapatrié ?

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Zacarias Moussaoui peut-il purger sa peine incompressible de prison à vie en France ? La question est à l'étude côté français depuis qu'un juge fédéral a confirmé hier la recommandation des jurés sur le sort du Français, 37 ans, le premier à être jugé pour les attentats du 11 Septembre aux Etats-Unis. L'avocat de la mère de Moussaoui, Patrick Baudouin, a demandé hier aux autorités françaises d' « intervenir auprès des autorités américaines pour demander qu'[il] puisse venir purger sa peine en France ».

Sur le plan technique, « c'est possible car Moussaoui est un ressortissant français ». Seul problème, précise-t-il, « il a été condamné à une peine de prison incompressible aux Etats-Unis, or en France la réclusion à perpétuité peut faire l'objet d'une réduction de peine ». Cette « discordance des peines » est le premier obstacle au rapatriement, bien que celui-ci soit « possible », affirme-t-on au cabinet du ministre de la Justice, Pascal Clément. Ce dernier a néanmoins déclaré hier qu'une demande de rapatriement pourrait être examinée (si Moussaoui la formule en personne), car il existe une « convention de transfèrement » entre les deux pays.

La France, qui a répété son opposition à la peine de mort, est restée discrète pendant le procès. Paris souligne qu'il a « fait tout ce qui est possible » mais qu'il est « difficile de faire plus, car il s'agit d'une justice indépendante dans un Etat souverain ». Certains y voient plutôt des motivations politiques. Au nom de la lutte contre le terrorisme, de la coopération policière et judiciaire, et afin de ne pas raviver la discorde après le conflit sur l'intervention en Irak.

La mère de Moussaoui, Aïcha el-Wafi, regrette que « la France n'ait pas fait son devoir ». Elle confiait hier avoir peu d'espoir sur un rapatriement de son fils, qui passerait alors le reste de ses jours dans l'isolement à la prison de Florence (Colorado). « Que Dieu sauve Ben Laden. Vous ne l'attraperez jamais ! », s'est écrié le condamné hier lors de sa dernière déclaration. Le président Bush, pour qui la non-condamnation à mort de Moussaoui est un revers, a affirmé de son côté que la fin du procès ne marquait pas « la fin du combat contre le terrorisme ».

Faustine Vincent