WikiLeaks: Reprise de l'audience de Bradley Manning, la «taupe» présumée

JUSTICE Le soldat américain Bradley Manning, «taupe» présumée de WikiLeaks, est revenu devant la justice militaire ce samedi à Fort Meade (Maryland, est), au deuxième jour d'une audience marquée par des manifestations de soutien à l'occasion de son 24e anniversaire...

© 2011 AFP

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Le soldat américain Bradley Manning, "taupe" présumée de WikiLeaks, est revenu devant la justice militaire samedi à Fort Meade (Maryland, est), au deuxième jour d'une audience marquée par des manifestations de soutien à l'occasion de son 24e anniversaire.
Le soldat américain Bradley Manning, "taupe" présumée de WikiLeaks, est revenu devant la justice militaire samedi à Fort Meade (Maryland, est), au deuxième jour d'une audience marquée par des manifestations de soutien à l'occasion de son 24e anniversaire. — Paul J. Richards afp.com

L'audience préliminaire, qui pourrait durer plusieurs jours, est destinée à déterminer si Bradley Manning est renvoyé devant une cour martiale, où il encourt la prison à vie.

Le jeune homme, dont le visage juvénile a fait le tour du monde, est accusé notamment de «diffusion de renseignements militaires» et de «collusion avec l'ennemi», la plus grave des 22 charges qui pèsent contre lui.

Cet ancien analyste du renseignement en Irak aurait transmis au site internet WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, ainsi que 260.000 dépêches diplomatiques du département d'Etat.

L'audience s'est rouverte ce samedi matin alors qu'une requête de la défense mettant en doute l'impartialité de la procédure venait d'être rejetée en appel, a-t-on appris auprès d'un responsable juridique militaire.

Elle a été presqu'immédiatement suspendue en raison de difficultés techniques pour retransmettre par téléconférence le premier témoignage en direct depuis Hawaii.

Rassemblement de 200 sympathisants ce samedi

Environ 200 sympathisants de Bradley Manning, appelés à manifester le jour de ses 24 ans, se sont rassemblés devant les portes de la base militaire de Fort Meade, siège de l'agence du renseignement militaire NSA, a constaté l'AFP.

Les manifestants, parmi lesquels des militants du mouvement Occupy Wall Street, ont marché le long de la clôture de la base, en scandant «Libérez Bradley Manning» ou «Laissez sortir Bradley». Ils brandissaient nombre de portraits du jeune soldat coiffé de son béret militaire.

Manning est détenu «pour avoir dit la vérité, particulièrement parce que la vérité concerne des violations américaines des droits de l'homme», a déclaré l'un d'entre eux, Chris Hager, à l'AFP.

«Ils veulent faire de lui un exemple», a dénoncé ce militant de Virginie (est). «Ils l'ont détenu dans des conditions totalement inhumaines pendant ses premières semaines» de prison, a-t-il ajouté, «ils ont voulu montrer qu'ils transformeraient en enfer la vie de tous ceux qui voudront dire la vérité».

Isolement total et régime ultra-restrictif

Les conditions de détention de Manning lorsqu'il était incarcéré à la prison de Quantico, près de Washington, avaient valu aux Etats-Unis les critiques du monde entier. Le jeune soldat s'était plaint d'un isolement total, de brimades et d'un régime ultra-restrictif.

Nombre de soutiens de Manning étaient également présents à l'extérieur de la salle d'audience. La veille, un homme avait crié «Bradley, tu es un héros».

Vendredi, au premier jour des débats, l'avocat de Manning, David Coombs, avait d'emblée demandé que le magistrat chargé de l'enquête se récuse.

Il estimait que le lieutenant-colonel Paul Almanza, un procureur militaire de carrière travaillant pour le ministère de la Justice, ne pouvait pas rester impartial alors que le ministère américain mène en même temps une enquête sur WikiLeaks et son fondateur Julian Assange.

Mais le lieutenant-colonel Almanza a refusé de se récuser, affirmant n'avoir aucun rapport avec l'enquête sur WikiLeaks au ministère de la Justice. Et la Cour d'appel militaire a rejeté samedi le recours de Me Coombs.

Au cours de cette comparution préliminaire, il ne s'agit pas de déterminer si le soldat est coupable ou innocent. Le tribunal va uniquement passer en revue les accusations qui le visent et décider si une cour martiale se saisisse de l'affaire. Le procès ne devrait pas se tenir avant le printemps 2012.