Fukushima: l'Etat décrète l'arrêt à froid des réacteurs

JAPON Une étape essentielle dans la crise nucléaire que connait le pays et qui marque la stabilisation des réacteurs du site...

(Avec AFP)

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Tepco doit débourser des centaines de milliards de yens (milliards d'euros) pour dédommager les personnes et entreprises affectées par l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima à la suite du violent séisme et de l'effroyable tsunami du 11 mars.
Tepco doit débourser des centaines de milliards de yens (milliards d'euros) pour dédommager les personnes et entreprises affectées par l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima à la suite du violent séisme et de l'effroyable tsunami du 11 mars. — Tepco afp.com

Le gouvernement japonais a décrété vendredi l'état d'arrêt à froid des réacteurs accidentés de la centrale de Fukushima, une étape importante qui marque la stabilisation du site, mais la crise n'est pas pour autant terminée.

L'état d'arrêt à froid, qui signifie le maintien de la température à l'intérieur des réacteurs sous 100 degrés Celsius et le contrôle des émissions radioactives, était un des objectifs clefs de «l'étape 2 du plan de travail» établi par la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) pour venir à bout de cette catastrophe provoquée par le séisme et le tsunami du 11 mars.

Les températures au fond des cuves des réacteurs 1 à 3, les plus endommagés, étaient passées sous 100 degrés entre août et septembre, et ont été maintenues à ce niveau grâce à des systèmes de refroidissement en continu, un point essentiel qui marquait l'achèvement de l'étape 1 en juillet. Les émissions radioactives ont quant à elles été réduites depuis grâce à différentes dispositions complémentaires, dont la couverture du réacteur 1.

«Réacteurs sous contrôle»

«Le gouvernement et Tepco utilisent l'expression 'arrêt à froid' dans un sens différent de l'acception habituellement employée pour un réacteur sain», a souligné Takashi Sawada, le vice-président de la Société japonaise de l'Energie atomique. «Je crois plus correct de dire que les réacteurs ont essentiellement atteint l'état de refroidissement stable», a-t-il insisté.

Dans une centrale en exploitation, l'arrêt à froid permet de procéder à des opérations de maintenance. En revanche, dans le cas de Fukushima Daiichi, où le combustible a fondu, a percé les cuves et est tombé au fond de l'enceinte de confinement de trois des six réacteurs, l'arrêt à froid ne signifie pas que l'on va pouvoir intervenir librement à l'intérieur, à cause d'une radioactivité surélévée.

«L'état de l'usine aujourd'hui n'est pas radicalement différent de celui d'hier. Cette étape signifie cependant que les réacteurs ont été maintenus dans un état stable pendant un certain temps, donc qu'on peut désormais les considérer comme étant sous contrôle», a précisé Takashi Sawada.

Maintenant, il faut s'occuper des alentours

L'accomplissement de l'étape 2 comprenait divers autres objectifs pour maîtriser les installations et prévenir les dangers. L'Agence de sûreté nucléaire estime à présent que la centrale est en situation relativement sûre à moyen terme, grâce notamment à la mise en place d'équipements de secours en lieu protégé destinés à garantir un refroidissement permanent du combustible même en cas de nouveau séisme ou tsunami.

Les phases suivantes vont consister à optimiser les moyens en oeuvre pour continuer de réduire les rejets, sécuriser le site et préparer son démantèlement, ce qui prendra trois à quatre décennies. Parallèlement, les autorités vont devoir s'occuper des alentours contaminés et de la population évacuée.