Drame en Belgique: Qui était Nordine Amrani, le tueur de Liège?

PORTRAIT Le Belge d'origine marocaine était un collectionneur d'armes condamné à de multiples reprises...

Anne-Laëtitia Béraud avec agences

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Photo non datée publiée par la police de Liège (Belgique) du tueur Nordine Amrani, le 14 décembre 2011.
Photo non datée publiée par la police de Liège (Belgique) du tueur Nordine Amrani, le 14 décembre 2011. — Police de Liège/AP/Sipa

Le Belge d’origine marocaine Nordine Amrani est sorti de l’anonymat, mardi, par la tuerie de la place Saint-Lambert de Liège, en Belgique. L’homme de 33 ans, soudeur, «lourdement armé», a lancé des grenades et tiré des coups de feu sur la place centrale de la ville, faisant quatre morts et 125 blessés.

Dans une conférence de presse ce mercredi matin, la procureure du Roi de Liège, Danièle Reynders, a dévoilé des pans de la personnalité du tueur, sans pour autant apporter d’explication à ce geste meurtrier.

Multirédiciviste

Né le 15 novembre 1978 à Ixelles, un quartier de Bruxelles, Nordine Amrani était «un délinquant qui a, toute sa vie, connu des difficultés: le tribunal pour la jeunesse, le tribunal correctionnel, les cours d'appel», a indiqué le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarme, au micro de La Première. Selon son ancien avocat, Abdelhadi Amrani (qui n’a pas de lien de parenté avec le tueur), Nordine Amrani a été, dans sa jeunesse, «très vite livré à lui-même».

Condamné une vingtaine de fois par la justice belge, l’homme, qui était alors en liberté conditionnelle, était «connu pour des faits d'armes, des faits de recel, des faits de stupéfiants, des faits de mœurs», mais «pas du tout pour des faits de terrorisme», a précisé la procureure.

«Depuis sa libération, il n'y a qu'un seul procès-verbal qui est arrivé au parquet, au mois de novembre 2011, pour des faits de mœurs à sa charge», a précisé la procureure. La justice belge n’avait jamais «relevé un quelconque déséquilibre» concernant cet homme.

Armes et cannabis

En 2008, Nordine Amrani avait été jugé et condamné à cinq ans et demi de prison pour culture de cannabis et possession d’armes, alors qu’il ne possédait pas de permis de port d’armes.

Dans un hangar attenant à sa maison, avaient été trouvés 2.800 pieds de cannabis, 9.500 pièces d'artillerie et une dizaine d'armes de guerre, dont un lance-roquettes, un AK 47 et un fusil à lunette. Il avait été libéré, sous caution, en octobre 2010.

Inquiet de retourner en prison

Un peu plus d’un an après être sorti de prison, Nordine Amrani était menacé d’y retourner ce mardi: il était convoqué, ce même jour, par la justice après un dépôt de plainte pour «attouchements», a indiqué le quotidien Le Soir.

L'avocat de Nordine Amrani, Jean-François Dister, qui a contacté le soudeur avant la tuerie, a indiqué sur RTL-TVI que Nordine Amrani était «assez inquiet», «nerveux, comme souvent quand il avait un souci avec la justice».

>> Voir la vidéo du témoignage de l'avocat ci-dessous

Au lieu de se rendre à sa convocation de justice programmée à 13h, Nordine Amrani est allé sur la place centrale de Liège, d’où il a lancé des grenades et tiré en direction de la foule, avant de se suicider d’une balle dans la tête. Il n’a laissé aucun message d’explication.

L’esprit d’un tueur de masse?

D’après Stéphane Bourgoin, auteur d’ouvrages sur les tueurs en série et tueurs de masse, interviewé par le groupe de presse régional Sudpresse, Nordine Amrani, «ressemble tout à fait à un personnage paranoïaque qui s’estime persécuté».

Portant un treillis militaire, l’homme aurait adopté «un code vestimentaire» digne des «tueurs de masse», et aurait voulu «laisser une marque dans l'histoire» par cet acte.

>> Vidéo de la procureure du Roi de Liège Danièle Reynders par Lalibre.be