La fuite de Ratko Mladic éloigne la Serbie de l'UE

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La procureure du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, est furieuse. Pour la troisième fois, la Serbie s'est montrée incapable de livrer le criminel de guerre présumé Ratko Mladic au TPI, qui l'a inculpé de génocide en 1995. Belgrade avait jusqu'au 30 avril – date butoir fixée par Bruxelles – pour présenter au tribunal l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie. Carla Del Ponte a donc sévi. Elle a qualifié de « négatif » son jugement sur la coopération de la Serbie avec le TPI, et précisé qu'« aucun progrès » n'avait été accompli pour arrêter les six dernières personnes recherchées par le TPI. L'appel du Premier ministre Kostunica, quelques minutes plus tôt, pour que Mladic se rende n'a pas eu l'effet escompté. Pas dupe, Del Ponte l'a qualifié d'« inacceptable », dénonçant un « double discours ». Belgrade affirme ne pas savoir où Mladic se cache, tandis que le procureur du TPI assure qu'il est en Serbie. La punition, attendue, est tombée peu après. Les négociations de la Serbie-Monténégro avec l'Union européenne (UE), conditionnées à cette arrestation, sont suspendues, a annoncé Bruxelles.

F. V.