Au Tchad, Déby vers un troisième mandat

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Rien n'a freiné la détermination du président tchadien, Idriss Déby, à maintenir l'élection présidentielle aujourd'hui. Ni le boycott de l'opposition ni les menaces des rebelles, alliés depuis le 28 avril pour en empêcher la tenue, ni la communauté internationale (France exceptée) favorable à un report et à l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition.

Le scrutin intervient trois semaines après que le président a écrasé l'offensive des rebelles dans N'Djamena, la capitale, avec le soutien logistique de la France, son ancienne puissance coloniale. « Le résultat est connu d'avance, estime Gilbert Maoundonodji, président de l'Association pour la promotion des libertés fondamentales au Tchad. Je peux déjà vous assurer que Déby sera donné vainqueur avec au moins 80 % des voix. »

Le Président a fait modifier la Constitution en 2004 pour pouvoir se présenter une troisième fois. Il est persuadé de prolonger sa victoire militaire sur les rebelles par un succès électoral de son parti, le Mouvement patriotique du salut (MPS). Son régime n'a pourtant jamais été aussi fragile. Miné par les défections dans son propre camp, accusé de corruption et d'avoir privé les Tchadiens des revenus pétroliers, menacé d'une nouvelle attaque rebelle, Déby ne bénéficie plus que du soutien de la France. Laquelle répète inlassablement son « attachement à la stabilité du Tchad », et « condamne toute prise de pouvoir par la force ». Les résultats de ce premier tour seront publiés le 14 mai.

Faustine Vincent