Yémen: Le gouvernement d'union entre en fonction

Reuters

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Le nouveau gouvernement yéménite d'unité, formé dans le but d'éviter une guerre civile, s'est réuni samedi pour la première fois, quelques heures après le décès d'un militaire dans de nouveaux affrontements entre partisans et adversaires du président sortant Ali Abdallah Saleh.

L'agence de presse Saba rapporte que le vice-président Abd-Rabbu Mansour Hadi, à qui Saleh a transféré ses pouvoirs en vertu d'un accord conclu par les pays du Golfe, a présidé la réunion du nouveau gouvernement, qui comporte des membres de l'opposition.

Les violences se sont poursuivies dans le pays malgré le plan de transition négocié par les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour faciliter le départ du président et mettre fin à des mois de manifestations qui ont paralysé le pays en le plaçant au bord de la guerre civile.

Combats de rues dans la capitale Sanaa

Après dix mois de manifestations de masse contre Saleh, l'Arabie saoudite redoute comme les Etats-Unis de voir le chaos s'aggraver et la branche régionale d'Al Qaïda s'enhardir au Yémen, malgré les opérations que l'armée américaine a déclenchées par drones interposés contre le mouvement islamiste.

Un soldat yéménite a été tué vendredi soir lors de combats dans les rues de Sanaa entre l'armée et les opposants à Saleh, a annoncé le ministère de la Défense. Ces violences se sont déroulées non loin de bâtiments gouvernementaux et du camp de Sadeq al Ahmar, un adversaire de Saleh disposant de forces conséquentes.

Le ministère yéménite de la Défense accuse sur son site internet les hommes d'Ahmar d'avoir lancé une attaque dans le quartier d'Hasaba dans le but de "compromettre les efforts visant à ramener la sécurité et la stabilité dans la capitale et d'autres secteurs".

Départ programmé de Saleh

L'opposition a réagi en accusant la Garde républicaine, commandée par un des fils de Saleh, d'avoir rompu la trêve en tirant samedi des salves d'artillerie sur les quartiers Nord de la capitale, faisant au moins un blessé. Vendredi à Taâz, capitale économique du Yémen, une source gouvernementale indiquait que l'armée et les combattants de l'opposition se retiraient de la ville.

Un comité créé pour superviser le retour à la normale à Taâz s'emploie à démanteler les barrages routiers érigés par les opposants comme par les loyalistes ainsi qu'à contrôler leur retrait des bâtiments occupés, a ajouté cette source.

Les combats ont fait plusieurs dizaines de morts à Taâz depuis que Saleh a signé le mois dernier un accord prévoyant son départ après 33 ans à la tête du pays. Le Congrès populaire général (CPG) de Saleh a annoncé qu'il cesserait d'organiser des rassemblements en faveur du gouvernement après les prières de vendredi, afin de montrer sa volonté de respecter le plan de paix. Le parti présidentiel a appelé ceux de l'opposition à en faire de même.

Un membre de la coalition des partis d'opposition a cependant déclaré qu'il ne leur appartenait pas d'appeler à la fin des manifestations, lancées selon lui par des jeunes n'appartenant à aucune de ces formations.