Russie: Environ 20.000 manifestants anti-Poutine à Moscou

MANIFESTATION Les manifestations, d'une ampleur inédite, visent à contester le résultat des législatives russes...

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Des dizaines de milliers de personnes s'apprêtaient samedi à participer aux manifestations d'une ampleur inédite que l'opposition russe organise à Moscou et en province pour contester le résultat des législatives du 4 décembre remportées par le parti de Vladimir Poutine.
Des dizaines de milliers de personnes s'apprêtaient samedi à participer aux manifestations d'une ampleur inédite que l'opposition russe organise à Moscou et en province pour contester le résultat des législatives du 4 décembre remportées par le parti de Vladimir Poutine. — Gennady Shishkin afp.com

Dernière info - 13h30: Environ 20.000 personnes sont rassemblées dans le centre de Moscou pour dénoncer le résultat des législatives, indique l'AFP.

Des dizaines de milliers de personnes s'apprêtaient ce samedi à participer aux manifestations d'une ampleur inédite que l'opposition russe organise à Moscou et en province pour contester le résultat des législatives du 4 décembre remportées par le parti de Vladimir Poutine.

Plus de 36.000 personnes ont annoncé leur intention de se rendre au grand rassemblement dans la capitale, de 10H00 à 14H00 GMT, selon la page Facebook "Manifestation pour des élections honnêtes".

Samedi matin, le Journal officiel russe a publié les résultats officiels des législatives, confirmant la victoire du parti au pouvoir Russie unie avec 49,32% des voix et une majorité absolue de 238 mandats sur 450 à la Douma (chambre basse).

Manifestation sans précédent

Une manifestation était initialement prévue Place de la Révolution, à deux pas du Kremlin, mais la mairie n'avait autorisé que 300 personnes. Des dirigeants d'opposition envisagent de défiler depuis cet endroit sur plus de deux kilomètres jusqu'à la Place des marécages, situé de l'autre côté du Kremlin et de la Moskova.

Des manifestations sont également prévues dans plus d'une cinquantaine de villes, notamment à Saint-Pétersbourg, dans l'Oural et en Sibérie, pour réclamer l'annulation de ce scrutin entaché de fraudes massives selon l'opposition et des ONG. Cette mobilisation est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000.

Crainte de dérapages

Le parquet de Moscou a mis en garde les organisateurs et participants contre tout débordement qui obligerait la police à "prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien de l'ordre". Les débordements seront réprimés "par tous les moyens légitimes", a averti jeudi le Premier ministre Vladimir Poutine.

Des milliers de Russes manifestent depuis près d'une semaine pour contester le résultat des législatives. Quelque 1.600 personnes ont été interpellées par la police à Moscou et Saint-Pétersbourg au cours de ces rassemblements, et nombre d'entre-elles, dont plusieurs leaders d'opposition, ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison.

Un responsable de l'Eglise orthodoxe russe, l'archiprête Alexandre Iliachenko, a appelé les manifestants à protester contre le "cynisme" incarné par le régime de Vladimir Poutine. Le chef des services sanitaires russes a de son côté appelé les Russes à ne pas participer à ces rassemblements --"qui favorisent la diffusion rapide des virus"-- afin d'éviter de contracter la grippe.

Réaction de Vladimir Poutine

La mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déclaré à Moscou à l'issue du scrutin avoir relevé des irrégularités "fréquentes" et "de sérieuses indications de bourrage des urnes. Une ONG russe, Golos, a dénoncé avant et pendant le scrutin une multitude de fraudes et de pressions. Elle se plaint depuis d'être l'objet d'une campagne de "harcèlement orchestrée par le pouvoir".

Une autre ONG, "L'Observateur citoyen", a affirmé sur son site internet (nabludatel.org) que le résultat réel du parti au pouvoir Russie unie est d'environ 30% des suffrages, soit quelque 20 points de moins que les résultats officiels.

Ces élections et la répression des manifestations qui ont suivi ont suscité de vives critiques des Etats-Unis, de l'UE, de la France et de l'Allemagne notamment. Vladimir Poutine a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation, un scénario du "chaos" selon lui. Des accusations rejetées le même jour par Washington qui s'est défendu d'avoir envoyé des "signaux" à l'opposition russe, comme l'a affirmé M. Poutine.

La porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a déclaré vendredi que les Etats-Unis demandaient "aux manifestants comme aux forces de l'ordre de faire en sorte que ces manifestations se déroulent dans le calme".