En Russie, l'opposition se mobilise samedi contre Poutine

MANIFESTATION Les opposants contestent le résultat des urnes, qui serait trafiqué selon eux...

Avec Reuters

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Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev durant un congrès de Russie unie à Moscou, le 27 novembre 2011.
Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev durant un congrès de Russie unie à Moscou, le 27 novembre 2011. — Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

Les opposants au Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui dénoncent de vastes fraudes aux élections législatives de dimanche dernier en Russie, espèrent rassembler des dizaines de milliers de manifestants samedi à travers le pays pour donner une ampleur inégalée à leur mouvement de protestation.

Des rassemblements sont prévus dans des dizaines de villes, de Kaliningrad à l'ouest jusqu'à Vladivostok sur la côte pacifique.

Le scrutin du 4 décembre a vu Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, enregistrer un net recul mais conserver de peu sa majorité absolue à la Douma d'Etat, la chambre basse du Parlement, illustration d'une certaine lassitude de l'électorat envers un homme qui domine la vie politique russe depuis douze ans et est le favori de la présidentielle en mars prochain.

Grande manifestation à Moscou

Les autorités ont donné leur feu vert à un grand rassemblement à Moscou mais la police a fait savoir qu'elle ne tolérerait aucun débordement.

Lundi dernier, une manifestation de 5.000 personnes dans la capitale pour dénoncer la fraude électorale s'est transformée en une démonstration de force contre le pouvoir, la plus imposante depuis des années. Les sondages montrent que Vladimir Poutine, 59 ans, reste l'homme le plus populaire de Russie. S'il est élu une nouvelle fois président en mars, il pourrait rester à la tête du pays jusqu'en 2024.

Le rassemblement le plus important devrait être celui de Moscou. Vendredi en milieu de journée, près de 60.000 personnes inscrites sur le réseau social Facebook et le site russe VKontakte avaient promis d'y participer.

Encadrement strict par la police

Dans l'Extrême-Orient russe, à Vladivostok, le parlementaire communiste Artiom Samsonov a annoncé qu'il manifesterait lui aussi. "Le vote démocratique a été détourné au profit de Russie unie", a-t-il accusé.

Face à la contestation post-électorale, les autorités n'ont pas hésité cette semaine à traquer les manifestations non autorisées à Moscou et Vladimir Poutine a tenté de déminer le terrain par un mélange de menaces et d'appels au compromis.

Il a accusé les Etats-Unis d'agir en coulisses en faveur de ses adversaires et a dénoncé les "millions de dollars" versés par l'Occident à des organisations proches de l'opposition pour tenter d'influer sur le résultat des élections.

Crainte de heurts

Le droit de manifester est strictement encadré en Russie. Il faut obtenir l'autorisation des autorités, qui fixent le lieu de la manifestation ainsi qu'une limite au nombre de participants. Le rassemblement de samedi à Moscou était d'abord prévu sur la place de la Révolution, non loin du Kremlin, à condition que le nombre de manifestants ne dépasse pas les trois cents.

Finalement, la municipalité a accepté vendredi que jusqu'à 30.000 personnes se réunissent dans un endroit moins symbolique sur l'autre rive de la Moskova. Des opposants ont cependant dit leur intention de se rendre malgré tout sur la place de la Révolution, même sans autorisation, ce qui fait craindre des incidents.