TPI recherche ciminel de guerre désespérement

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Le général Ratko Mladic, réclamé par la justice internationale, est toujours en fuite, ont affirmé mercredi les autorités serbes et le Tribunal international (TPI) de La Haye, démentant catégoriquement les informations sur son arrestation.
Le général Ratko Mladic, réclamé par la justice internationale, est toujours en fuite, ont affirmé mercredi les autorités serbes et le Tribunal international (TPI) de La Haye, démentant catégoriquement les informations sur son arrestation. — Andrej Isakovic AFP

Encore raté. Le délai qu’avait accordé l’Union européenne à la Serbie-Monténégro pour livrer le criminel de guerre Ratko Mladic au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI) est passé dimanche, et toujours pas de trace du fugitif. Le procureur du tribunal, CarlaDel Ponte, n’a fait aucun commentaire. La reprise des négociations de l’Union européenne avec Belgrade, prévue le 11mai, risque néanmoins d’être ajournée. Car tant que Mladic ne sera pas remis au TPI – qui l’a inculpé de génocide
en 1995 – l’avenir européen de cette république d’ex-
Yougoslavie attendra.
C’est la condition sine qua non fixée par Bruxelles, qui
a ouvert les négociations avec Belgrade en octobre dernier, devant aboutir à un accord de stabilisation et d’association.Pour JoëlHubrecht, de l’Institut des hautes études sur la justice, le TPI est ainsi «un maillon incontournable, malgré les critiques». La mort de l’ex-président yougoslave, Slobodan Milosevic, a placé le tribunal sur la sellette. Des voix se sont elevées pour dénoncer les ratés d’une institution qui se voulait irréprochable.
L’arrestation de Mladic est d’autant plus cruciale qu’elle permettrait de lui redonner du crédit. Reste à mettre lamain dessus. Belgrade souligne l’« obligation morale » à l’arrêter mais dit ignorer où il se cache. Son ministre des Affaires étrangères, Vuk Draskovic, attribue ce retard au fait « qu’il reste des partisans de Milosevic au sein des forces de sécurité». Bruxelles devrait néanmoins se montrer conciliant en accordant unnouveau délai. A ses yeux, l’intégration à terme de la
Serbie-Monténégro est primordiale pour stabiliser une région agitée située aux portes de l’Europe.

Faustine Vincent