Syrie: La torture, érigée en «stratégie de gouvernement», selon une ONG

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Dix-huit personnes ont été tuées samedi en Syrie, où aucune issue à la crise n'est en vue tant les positions du régime et de l'opposition sont antinomiques et les divisions profondes au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.
Dix-huit personnes ont été tuées samedi en Syrie, où aucune issue à la crise n'est en vue tant les positions du régime et de l'opposition sont antinomiques et les divisions profondes au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. — afp.com

Les révoltes populaires dans le monde arabe ont exacerbé dans certains pays du Moyen-Orient le recours des autorités à la torture, particulièrement en Syrie où elle a été érigée en «stratégie de gouvernement», affirme l'ONG ACAT dans son deuxième rapport annuel mondial.

«Les mouvements de contestation qui ont ébranlé le monde arabe tout au long de cette année ont rappelé l'usage endémique et régulier de la torture lors des conflits armés, guerres civiles ou soulèvements populaires», écrit l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) dans cette étude publiée jeudi sur les pratiques tortionnaires dans le monde.

«Moyen de répression au service de l'appareil sécuritaire»

«De la Tunisie au Bahreïn en passant par l'Egypte et la Syrie, les populations civiles ont subi la torture comme moyen de répression au service de l'appareil sécuritaire», souligne l'association, selon laquelle «le printemps arabe» a également servi de «révélateur de crimes horribles perpétrés par les régimes en place jusqu’alors».

L'ACAT, qui dresse un tableau de la torture dans le monde à travers 23 pays, consacre un chapitre supplémentaire à la Syrie, où la répression a fait plus de 4.000 morts depuis le mois de mars selon l'ONU et «où la torture est plus que jamais érigée en stratégie de gouvernement». «La sanglante répression menée par les services de Bachar al-Assad apparaît particulièrement représentative d'un recours massif à la torture visant à terroriser une population qui se révolte pacifiquement», note l'ACAT.