Libye: Manifestation à Tripoli pour demander le départ des milices

Reuters

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De nombreux juges et avocats de Tripoli ont manifesté ce mercredi pour demander le départ des groupes armés d'anciens rebelles, qui ont pris le contrôle des rues de la capitale libyenne.

Les milices, unies pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi, remplissent depuis trois mois le vide sécuritaire et le gouvernement d'intérim demande qu'elles déposent les armes d'ici la fin de l'année. 

Une milice a envahi mardi les bureaux du procureur général, poussant le milieu de la justice à manifester. Quelque 250 personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Tripoli et ont défilé jusqu'à la place des Martyrs. "Non aux armes, oui à la justice !" pouvait-on lire sur une banderole.

"Ce sont des gens qui ont passé du temps en prison", a dit Adel Msalati, un juge renommé de Tripoli. "Ils ont quitté les prisons, mis des uniformes de révolutionnaires et se sont mis à piller dans les rues et à attaquer les commissariats", a-t-il dénoncé.

Voeu d'un retour à la vie civile

"Nous demandons maintenant à l'armée et à la police de reprendre leur place pour offrir au pays et au peuple la justice et la sécurité", a dit le juge.

Le président du conseil municipal de Tripoli a appelé mardi à des manifestations quotidiennes jusqu'au 20 décembre pour demander le départ des milices. Ce jour-là, a-t-il prévenu, les rues de Tripoli seront fermées au trafic pour pousser les milices à partir et les empêcher de s'approvisionner en armes.

Le commandant d'une milice de Zentane qui contrôle l'aéroport de Tripoli a assuré mercredi qu'il remettrait la responsabilité du maintien de l'ordre au gouvernement dès que celui-ci le demanderait.

Vers une transformation en pouvoir politique

"Nous soutenons l'appel des Tripolitains pour débarrasser leurs rues des armes. Nous attendons d'être soulagés de cette tâche immense et de pouvoir retourner à notre vie civile", a dit Ali Ejda.

Les révolutionnaires de Misrata et Zentane sont les plus puissants au sein de la capitale. Ils contrôlent des barrages stratégiques, traversent Tripoli dans des pick-ups et ont installé des bases dans les bâtiments gouvernementaux.

Des analystes les soupçonnent de vouloir transformer leur force militaire en pouvoir politique dans le nouveau régime libyen, qui va prendre forme dans les prochains mois.