Premières difficultés pour Romano Prodi

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L'avenir gouvernemental de Romano Prodi s'annonce houleux. L'élection des présidents des deux chambres du Parlement ce week-end laisse présager de grandes difficultés pour le futur gouvernement de gauche, notamment au Sénat. Il a en effet fallu aux sénateurs pas moins de quatre tours de scrutin pour élire à leur tête Franco Marini, un ancien syndicaliste de 73 ans. Un premier scrutin qui symbolise l'extrême fragilité de la nouvelle majorité. Et les problèmes devraient continuer pour Romano Prodi. Le débat concerne désormais l'élection du chef de l'Etat. La présidence de la République sera vacante à partir du 18 mai, à moins que Carlo Azeglio Ciampi, apprécié à droite comme à gauche, accepte de conserver le poste. Dans le cas contraire, le Parlement devra élire un nouveau président.

La lutte s'annonce féroce, après que le quotidien de la famille de Silvio Berlusconi a ouvert le feu hier. « Ils veulent tout prendre », a ainsi titré Il Giornale hier, en faisant allusion à la présidence. « L'Italie ne peut pas se permettre, et ne mérite pas, un président de la République issu de la gauche », affirme un éditorial du journal. L'enjeu est de taille : le chef de l'Etat est la personne qui, selon la Constitution, désigne le chef du gouvernement. Si le nouveau cabinet que Prodi prépare devait, par exemple, tomber lors d'un vote de confiance au Sénat, où sa majorité est de seulement deux voix, un chef d'Etat de gauche pourrait le désigner pour un second mandat. Un président de droite pourrait en revanche juger nécessaire d'organiser de nouvelles élections et permettre ainsi le retour éventuel de la droite au pouvoir.

C. L. (avec AFP)