Jacques Massé : « Rendre Mladic, c'est accélérer la crise politique »

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Interview de Jacques Massé, auteur de Nos chers criminels de guerre (Flammarion).

Dimanche, l'ultimatum a expiré et Mladic court encore. Quelle est votre réaction ?

Je ne suis pas surpris. C'est la troisième fois que les échéances ne sont pas tenues. C'est un jeu de dupes.

Belgrade affirme que c'est un problème technique. N'est-il pas également politique ?

En effet. On sait que Mladic se cache en Serbie. Mais il bénéficie d'un réseau de soutien au sein de l'appareil de l'Etat. Le Premier ministre, Kostunica, n'a pas pu inverser la tendance.

Pourquoi ?

Parce que son gouvernement ne tient que grâce au soutien du Parti socialiste de Milosevic, hostile à livrer Mladic. Si Kostunica passe outre, il se retrouvera en minorité. Rendre Mladic, c'est accélérer la crise politique à Belgrade. Entre cela et le bénéfice qu'il retirerait en coopérant avec le TPI, Kostunica a choisi pour l'instant de ne rien faire.

Recueilli par F. V.