L'avenir de l'Afghanistan en discussion

Faustine Vincent

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Hillary Clinton, Ban Ki-moon, Angela Merkel et Hamid Karzai, hier à Bonn (de g. à dr.).
Hillary Clinton, Ban Ki-moon, Angela Merkel et Hamid Karzai, hier à Bonn (de g. à dr.). — I. FASSBENDER / REUTERS

Dix ans après la première conférence de Bonn, consacrée à la reconstruction en Afghanistan, la communauté internationale s'est de nouveau réunie hier dans l'ancienne capitale fédérale allemande. Cette fois, il s'agissait de rassurer Kaboul sur son soutien après le retrait programmé des 130 000 soldats de l‘Otan en 2014. Ce fut chose faite, en tout cas dans les discours. « Les Etats-Unis entendent rester aux côtés de nos amis en Afghanistan », a assuré la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton. « Nous ne vous laisserons pas livrés à vous-mêmes », a renchéri Berlin. Dans les faits, le ralentissement de l'activité économique en Europe, la crise de la zone euro et les tensions avec le Pakistan et l'Iran pourraient entamer leur détermination.

Deux grands absents
Trois sujets figuraient au menu des discussions : la sécurité, la réconciliation nationale et l'aide internationale. Mais l'absence hier de deux acteurs incontournables du processus de paix en Afghanistan, les talibans et le Pakistan – qui a boycotté la réunion pour protester contre la « bavure » des forces occidentales ayant tué 24 de ses soldats le 26 novembre – laissait des diplomates songeurs sur l'efficacité de la conférence. Les pays participants espèrent laisser en place un gouvernement afghan assez fort après 2014. Mais l'enthousiasme qui prévalait à la première conférence de Bonn après la chute du régime taliban en 2001 s'est évanoui depuis face aux difficultés. Sur le terrain, l'insurrection des talibans s'intensifie, tandis que les 306 000 soldats et policiers afghans, formés à partir de zéro, peinent à prendre le relais de l'Otan pour assurer la sécurité. Le président afghan, Hamid Karzai, plaide ainsi pour une aide financière et militaire internationale jusqu'à 2024 environ. « Si nous perdons ce combat, nous risquons de revenir à la situation qui prévalait avant le 11 septembre 2001 », argumente-t-il. Selon la Banque mondiale, l'Afghanistan aura besoin d'une aide financière d'environ sept milliards de dollars par an après 2014.