Gbagbo comparaît devant la CPI

— 

Laurent Gbagbo, hier à La Haye.
Laurent Gbagbo, hier à La Haye. — P. DEJONG / AP / SIPA

Costume sombre et chemise blanche, Laurent Gbagbo a comparu pour la première fois hier devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Capturé en avril à Abidjan, l'ancien président ivoirien est poursuivi pour crimes contre l'humanité lors de la guerre civile consécutive à l'élection présidentielle, entre décembre 2010 et avril 2011.

Plus de 3 000 personnes tuées

en quatre mois
Agé de 66 ans, il est le premier ancien chef d'Etat traduit devant la CPI depuis sa création, en 2002. Apparemment reposé et en bonne santé, Laurent Gbagbo, qui a été transféré la semaine dernière à La Haye, a décliné son identité et déclaré à la Cour qu'il était bien traité dans le centre de détention de Scheveningen. Son refus de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de l'élection présidentielle de novembre 2010 par les Nations unies, a plongé la Côte d'Ivoire dans quatre mois de guerre civile qui a fait plus de 3 000 morts et des milliers de déplacés. Selon le procureur, Laurent Gbagbo est « acteur indirect » de quatre chefs de crimes contre l'humanité pour « meurtre, viol et autres formes de violences sexuelles, persécutions et autres actes inhumains ». Son transfert à La Haye et sa comparution devant la CPI interviennent à un moment délicat pour la Côte d'Ivoire, où des élections législatives sont programmées dimanche prochain.