Cour de justice: La Grèce à l'amende sur la Macédoine

Reuterss

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La Grèce, qui conteste la reconnaissance internationale de la Macédoine sous ce nom, a eu tort de s'opposer à l'adhésion de Skopje à l'Otan en 2008, a estimé ce lundi la Cour internationale de Justice (CIJ).

Depuis l'indépendance de l'ancienne République yougoslave en 1991, l'utilisation du nom de Macédoine fait l'objet d'une différend entre les deux pays.

Considérant ce nom comme faisant partie de son patrimoine historique, Athènes bloque depuis vingt ans l'adhésion de la Macédoine à l'Otan et à l'Union européenne jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée.

"Verdict historique"

La CIJ, chargée de régler les litiges entre les Etats, a estimé lundi que la Grèce n'avait pas rempli ses obligations en s'opposant à l'adhésion de la Macédoine à l'Otan lors du sommet de Bucarest de 2008.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a toutefois précisé que la décision de l'Alliance restait en vigueur.

"Au lieu de s'opposer, la Grèce devrait soutenir notre intégration au sein d'organisations internationales", a estimé le président macédonien Gjorge Ivanov à la presse.

Dégradations des relations bilatérales

"Ce verdict historique de la cour signifie que la Grèce ne peut pas s'opposer légalement à l'adhésion de la Macédoine à l'Otan", s'est félicité dans un communiqué le gouvernement macédonien. "Ce verdict est une étape dans les futures négociations en vue de l'adhésion de la Macédoine à l'UE", poursuit-il.

Le ministère grec des Affaires étrangères a estimé pour sa part que "la décision d'aujourd'hui ne règl pas la question du différend autour du nom de l'ancienne République yougoslave de Macédoine."

Les relations entre Athènes et Skopje se sont dégradées en juin avec l'inauguration d'une statue en bronze d'Alexandre le Grand dans le centre de la capitale de la Macédoine, dont l'héritage est revendiqué par les deux pays.