la Belgique Sauvée par la crise

Faustine Vincent

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Le socialiste wallon Elio Di Rupo sera Premier ministre.
Le socialiste wallon Elio Di Rupo sera Premier ministre. — V. MAYO / AP / SIPA

La Belgique voit enfin le bout du tunnel. Après 535 jours de crise politique – un record mondial –, le pays va pouvoir se doter d'un gouvernement de plein exercice. Les six partis belges ont conclu un accord mercredi pour former un gouvernement de coalition. Une sortie de crise accélérée par l'intervention de l'agence Standard & Poor's, qui a dégradé la note du pays vu les « difficultés du système bancaire belge et l'inaptitude du gouvernement à réagir aux pressions économiques ».

Répit de courte durée
« Même s'il reste quelques petites étapes, on a franchi le pire », commente Pierre Vercauteren, professeur à l'Université catholique de Louvain à Mons, en Belgique. « Cet accord est un soulagement pour la classe politique et la population », ajoute-t-il. Pour la première fois depuis 1974, c'est un francophone, le socialiste wallon Elio Di Rupo, qui deviendra Premier ministre, une tâche généralement dévolue aux Flamands, majoritaires dans le pays. Le futur gouvernement – composé de socialistes, démocrates-chrétiens et libéraux francophones et flamands – tiendra-t-il jusqu'au bout, cette fois ? « Oui, veut croire Pierre Vercauteren. Mais plus par nécessité économique que par enthousiasme. » La Belgique était sans gouvernement de plein exercice depuis les élections législatives de juin 2010, qui avaient vu les séparatistes flamands de la N-VA arriver en tête.
Le répit sera toutefois de courte durée pour la population. Le budget 2 012 – sur lequel les partis sont tombés d'accord samedi et qui doit ramener le déficit à 2,8 % du PIB pour atteindre l'équilibre en 2015 – passe mal. Des manifestations contre l'austérité sont déjà prévues aujourd'hui à Bruxelles. Elio Di Rupo a jusqu'aux élections de 2014 pour mener son projet à bien.