L'avocat de Laurent Gbagbo va demander sa libération

JUSTICE Le défenseur de l'ex-président ivoirien estime que l’arrestation de son client est «illégale» et que sa détention est «arbitraire»...

Avec Reuters

— 

Laurent Gbagbo à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 21 février 2011.
Laurent Gbagbo à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 21 février 2011. — CHINE NOUVELLE/SIPA

L'avocat de Laurent Gbabgo a dénoncé ce mercredi des failles juridiques dans le transfèrement de l'ancien président ivoirien vers la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) et déclaré qu'il allait demander sa libération.

Laurent Gbagbo, qui aura à répondre devant la CPI d'accusations de crimes contre l'humanité, s'est vu délivrer un mandat d'arrêt alors qu'il comparaissait à Korhogo, lieu de sa résidence surveillée, devant une juridiction ivoirienne pour «crimes économiques», a indiqué à Reuters Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo chargé des affaires internationales.

«Une parodie de justice» selon un proche

La défense, prévenue au dernier moment, n'a pas eu la possibilité de s'exprimer et de faire valoir des arguments de droit pour s'opposer au transfèrement, a-t-il ajouté. «Ce qui s'est passé, c'est une sorte de coup de force, une manœuvre politique pour mettre la défense du président Gbagbo devant le fait accompli», a estimé l'avocat.

«L'arrestation est illégale, la détention est arbitraire et le transfèrement, compte tenu de ce qui s'est passé hier [mardi], est lui aussi tout à fait illégal», a-t-il ajouté.  De sa résidence de Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo a été conduit vers Abidjan avant de s'envoler pour les Pays-Bas, où il a été transféré mercredi au centre de détention de la CPI à la Haye.

Un conseiller de Laurent Gbagbo, Toussaint Alain, a quant à lui dénoncé une «parodie de justice» orchestrée, selon lui, par la France, ancienne puissance coloniale de la Côte d'Ivoire.

L’ex-président ivoirien est accusé de crimes contre l’humanité –«meurtre, viol et autres formes de violences sexuelles, persécution et autres actes inhumains», selon la CPI – commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.