« la démocratie, il faut la laisser s'exprimer »

Au caire, David Hury

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Un Egyptien vote hier au Caire.
Un Egyptien vote hier au Caire. — E. AL-FETORI / REUTERS

«c'est la première fois de ma vie où je me dis que voter a un sens », se réjouit Nagui, un ingénieur électrique de 58 ans. Quelques minutes plus tôt, dans le quartier de Garden City, il a glissé son bulletin dans l'urne, lors de cette première journée des élections législatives égyptiennes étalées sur deux jours. « Je suis surtout heureux que mes deux filles aient pu faire de même, enchaîne-t-il. C'est symbolique pour la nouvelle génération. Sous Moubarak, les élections n'étaient qu'une farce. »

« Alors qu'il en soit ainsi »
Retour dans le quartier de la place Tahrir, peu fréquentée hier. Dans une petite ruelle ombragée, un partisan de Jamila Ismaïl distribue des tracts minuscules, avec le portrait de la candidate au recto et un calendrier 2012 au verso. « Tout le monde doit aller voter, explique Mohammad. Cette élection, c'est celle que le peuple a voulue. Le peuple est plus fort que les partis, plus fort que les religieux, plus fort que l'armée elle-même ! » Si l'engouement pour ce scrutin législatif est évident dans les rues du Caire, son issue est très incertaine. Principale préoccupation des Occidentaux, l'éventuelle arrivée au pouvoir des Frères musulmans n'effraie pas la population – mis à part la communauté copte, qui représente environ 10 % de la population. « J'ai voté pour un candidat laïc, mais si la majorité de mes concitoyens choisit les Frères, alors qu'il en soit ainsi, confie Nagui. Nous avons voulu la démocratie, il faut la laisser s'exprimer. »

Frères musulmans

Depuis leur création en 1928, les Frères musulmans aspirent à créer un état islamique, suivant le slogan « Le Coran est notre Constitution ». Crédités de 30 % d'intention de vote, ils ont calmé le jeu ces derniers jours face à l'armée.