Elections législatives en Egypte: Le moment de la démocratie

EGYPTE Cinquante millions d'Egyptiens votent lundi et mardi pour les élections législatives...

David Hury, au Caire

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Le Caire (photo) et Alexandrie voteront aujourd'hui, alors que le reste du pays est appelé aux urnes demain.
Le Caire (photo) et Alexandrie voteront aujourd'hui, alors que le reste du pays est appelé aux urnes demain. — Amr Dalsh / Reuters

De notre envoyé spécial au Caire

Les bureaux de vote resteront ouverts jusqu'à 19 h ce lundi soir, au Caire et à Alexandrie. Le reste de l'Egypte votera mardi pour ce scrutin législatif sous haute tension. Malgré la pression de la rue et les recommandations de certaines figures politiques, le Conseil suprême des forces armées (CSAF), en charge du pays depuis la chute du président Moubarak, a donc décidé de maintenir les élections. A la tête de ce comité militaire, le maréchal Tantaoui n'a pas cédé aux revendications des dizaines de milliers de manifestants qui ont, cette semaine, repris possession de la place Tahrir en plein centre du Caire. Ceux-ci souhaitaient voir le transfert du pouvoir des militaires aux civils avant tout processus électoral. La nomination jeudi d'un nouveau Premier ministre, Kamal el-Anzouri, n'a pas suffi à calmer la colère des opposants.

Les islamistes égyptiens tout proches du pouvoir

L'enjeu du scrutin de ce lundi dépasse les simples frontières égyptiennes. Les grandes puissances – Etats-Unis, qui versent chaque année 1,3 milliard de dollars à l'armée égyptienne, en tête – et tous les pays de la région sont concernés par l'avenir politique de l'Egypte. Favori des sondages, le Parti de la liberté et de la justice (aile politique des Frères musulmans) a fait profil bas durant la semaine écoulée. Les islamistes égyptiens, qui regroupent également les salafistes, n'ont jamais été aussi proches de prendre le pouvoir dans le berceau du panarabisme cher au très laïque Gamal Abdel Nasser.

Quelque 50 millions d'électeurs (sur 82 millions d'habitants) sont donc appelés aux urnes pour renouveler les 498 députés, sous la supervision de 4.765 juges. Le responsable de l'organisation du scrutin, Ahmad el-Zind, s'est déclaré certain de l'impartialité du scrutin: «Le peuple peut faire confiance aux juges, les urnes sont une partie intégrante de leur corps. Elles sont sacrées.» Les résultats définitifs ne seront rendus publics que début janvier. Les nouveaux députés auront alors la lourde tâche de rédiger une nouvelle Constitution. Si islamistes et laïcs se sont retrouvés derrière les mêmes slogans exhortant les militaires à laisser les clés du pouvoir, la future bataille parlementaire entre les deux camps s'annonce âpre.

Salut national

Candidat à l'élection présidentielle en Egypte, Mohamed ElBaradei est prêt à renoncer à ses ambitions si la charge de former un gouvernement de salut national lui est confiée, a indiqué son équipe de campagne dans un communiqué, samedi.