Afrique du Sud: Julius Malema se dit «politiquement fini»

Reuters

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Julius Malema, le chef de file des Jeunesses de l'ANC expulsé début novembre pour cinq ans pour avoir jeté le discrédit sur le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a déclaré dimanche être «politiquement fini» au Sunday Times.

Il a évoqué la possibilité de se retirer dans une ferme, pour se consacrer à l'élevage. «J'ai un troupeau de 20 bêtes. Nous allons les élever, puis les porter à l'abattoir, les tuer et vendre ensuite la viande», a-t-il dit au journal.

Selon la commission disciplinaire du parti, Julius Malema, 30 ans, a foulé aux pieds les règlements de l'ANC et porté atteinte à la diplomatie de Prétoria en prônant le renversement du gouvernement démocratiquement élu du Botswana voisin.

Déclarations provocatrices

Malema, réputé pour ses déclarations à l'emporte-pièce, a fait appel, une procédure qui pourrait durer plusieurs mois. Il a indiqué ne pas être très optimiste concernant son issue.

«Je ne fais pas partie de ce genre de personne religieuse qui pense qu'une intervention peut venir du ciel. J'ai regardé les tendances, j'ai écouté les discours. Ils se braquent tous sur moi», a-t-il déclaré. Le journal a décrit un Malema fatigué, qui a refusé de se faire photographier durant l'interview.

Ses déclarations parfois incendiaires - il prône la nationalisation du secteur minier et la confiscation des domaines agricoles appartenant à la minorité blanche - en font, selon certains, un rival pour l'actuel chef de l'Etat, le président Jacob Zuma, lors de la désignation en 2012 du prochain candidat de l'ANC pour la magistrature suprême. L'éviction de Malema de la vie politique sud-africaine offrirait un boulevard à Zuma pour sa réélection, selon plusieurs observateurs.