Cohue et bombe au poivre: Démarrage nocturne aux USA pour les soldes de Noël

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Une habitante de Los Angeles a aspergé d'autres clients d'un grand magasin à la bombe au poivre vendredi pour les empêcher de mettre la main sur les articles soldés à l'occasion du coup d'envoi des ventes de fin d'année aux Etats-Unis, a rapporté le Los Angeles Times.
Une habitante de Los Angeles a aspergé d'autres clients d'un grand magasin à la bombe au poivre vendredi pour les empêcher de mettre la main sur les articles soldés à l'occasion du coup d'envoi des ventes de fin d'année aux Etats-Unis, a rapporté le Los Angeles Times. — Joel Robine afp.com

Ils bravent le froid, ils fendent la foule: devant ce magasin Toys R Us de la banlieue de Chicago, des centaines d'Américains espéraient tomber sur la bonne affaire de l'année en ce «vendredi noir», la rituelle journée de soldes-monstres qui suit la fête de Thanksgiving. «C'est une chasse au trésor, c'est comme un grand jeu», s'extasie Michelle Steiner. Devant cet antre du jouet, il fait froid, mais ça n'est rien comparé à l'année où Michelle Steiner a dû affronter la neige pour faire main basse sur des bonnes affaires.

C'est que le «Black Friday» est une institution aux Etats-Unis, au même titre que Thanksgiving, la grande fête familiale qui le précède. Des pantalons qui affichent -20%, des chandails à -50%: à l'image de la chaîne de grands magasins Macy's, les enseignes américaines rivalisent pour attirer le chaland. Pour faire face à l'engouement, nombreuses sont celles qui ont ouvert dès minuit.

Gaz au poivre à Los Angeles

Quelques minutes après l'ouverture du Toys R Us de Vernon Hills, Michelle Steiner confiait qu'une amie venait d'être témoin d'un «pugilat pour des articles à deux dollars» dans un supermarché Wal-Mart, la plus grande chaîne de distribution du pays. «Elle m'a dit qu'on ne peut plus du tout se déplacer» tant la foule est dense dans le magasin, explique Michelle Steiner.

A Los Angeles, ce n'est pas le froid que les clients d'un autre Wal-Mart ont dû braver, mais une atmosphère lourde de... gaz au poivre. Selon le Los Angeles Times, une femme armée d'un vaporisateur a aspergé les autres chalands pour se frayer un chemin et atteindre le plus vite possible des consoles de jeux et des poupées. Une vingtaine de personnes ont reçu du gaz et ont dû être traitées. Les grandes chaînes misent sur cette journée un peu particulière pour donner le coup d'envoi de la saison des achats qui culmine à Noël.

Cette année, les magasins ont ouvert dès la soirée de jeudi, encore plus tôt que d'habitude, espérant attirer les clients qui venaient de finir d'avaler la dinde rituelle de Thanksgiving. Toys R Us a ouvert à 21h, les supermarchés Target, les grands magasins Kohl's et Macy's ont commencé dès minuit, et non pas à 5h du matin comme les années précédentes. Les enseignes «essayent toutes de se grignoter des parts de marché les unes aux autres», explique à l'AFP Cynthia Groves, du cabinet de consultants Newmarket Knight Frank.

Un enjeu financier crucial

L'enjeu financier est crucial. Le «vendredi noir» peut rapporter jusqu'à 20 milliards de dollars, selon le cabinet d'analyses SpendingPulse. Cette course à la consommation ne fait pourtant pas que des heureux. Une pétition lancée sur internet, et signée par 190.000 personnes, demandait ainsi que les supermarchés Target reviennent sur leur décision d'ouvrir à minuit. Thanksgiving est «un jour férié, pas un jour consacré aux achats», a écrit Bryce Allison de Portland, dans l'Oregon.

Pamela Gondos travaille chez Kohl's. Elle assure n'avoir rien à redire contre ces horaires d'ouverture qui l'ont forcée à commencer sa journée à minuit jeudi pour finir à 6h ce vendredi matin. «C'est intense. Très intense», a-t-elle dit à l'AFP. Et sa semaine de travail ne s'arrête pas vendredi matin. Après une pause, elle recommencera à travailler à 21h pour s'arrêter samedi à 6h.