Français enlevés au Mali: Cinq interpellations, les recherches s'intensifient

MONDE Deux ressortissants français ont été kidnappés par des hommes armés dans la nuit de mercredi à jeudi, dans leur hôtel...

20minutes.fr avec agences

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La ville d'Hombori, au Mali, où ont été enlevés deux géologues français, le 24 novembre 2011.
La ville d'Hombori, au Mali, où ont été enlevés deux géologues français, le 24 novembre 2011. — Capture d'écran Google map

Deux géologues français ont été enlevés dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Mali par des hommes armés. Les deux hommes, qui travaillent pour une compagnie malienne basée à Bamako, ont été enlevés par des hommes armés à Hombori, où ils séjournaient pour raisons professionnelles, a-t-on précisé de source militaire malienne, mais des doutes subsistent sur les raisons de leur présence au Mali.

Cinq personnes ont été interpellées depuis jeudi à Hombori, dont le guide des Français, Ibrahim Ould Bah, a-t-on appris de source policière.

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé l'information: «Ces deux ressortissants ne se sont pas signalés à notre ambassade, ni au consulat», a souligné Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay. «Nous sommes en train de réunir des informations», précisait le ministre Alain Juppé depuis Bordeaux, jeudi à la mi-journée. Vendredi, des militaires français ont été aperçus patrouillant dans la région d'Hombori aux côtés des forces maliennes. Ces soldats ont été dépêchés de Sévaré, près de Mopti, non loin d'Hombori, où ils forment habituellement des soldats d'élite de l'armée malienne.

«J’ai vu des traces de sang dans une chambre»

Joint par RFI, le gérant de l'hôtel malien de Hombori où les deux Français ont été enlevés a expliqué avoir été attaché et contraint de dire dans quelle chambre se trouvaient les deux hommes. «A un moment donné, j'ai entendu un cri. C'était un des Français. J'ai vu des traces de sang dans une chambre», a-t-il raconté. Selon RFI, il s'agit de géologues. Citant son gardien, le gérant a précisé que les ravisseurs étaient «plus de dix» et armés de kalachnikovs et de couteaux. Selon l’AFP, les agresseurs étaient sept.

Pour l'heure, le rapt n'a pas été revendiqué.

Les deux Français n'étaient pas des touristes: ils étaient arrivés mardi dernier pour visiter une cimenterie. Lors de ces visites, «des gendarmes les escortaient», a précisé le gérant de l'hôtel. Selon RFI, l’un est ingénieur minier et le second est le chef de mission.

Emmenés vers le Nord

D’après l’AFP, qui cite une source à la mairie d’Hombori, le rapt a eu lieu vers 1h du matin, alors que les Français venaient de faire un compte-rendu de leur journée de travail à leurs collègues maliens. Ils ont été emmenés vers le nord du pays, qui abrite plusieurs bases d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

Avec ce nouvel enlèvement, le nombre de ressortissants français retenus en otage s’élève à six. Sept personnes avaient été enlevées le 16 septembre 2010 lors d'une opération revendiquée par Aqmi à Arlit, site d'extraction d'uranium. Il s'agissait d'un cadre du groupe nucléaire français Areva et son épouse, tous deux Français, et de cinq employés (trois Français, un Togolais et un Malgache) d'un sous-traitant.

En février dernier, la Française, le Togolais et le Malgache ont été libérés. Mais quatre Français sont toujours détenus, sans doute au Mali, selon les autorités du Niger