La France peut réclamer Senoussi, homme-lige de Kadhafi

Reuters

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La France a la possibilité de demander à la Libye l'extradition d'Abdallah al Senoussi, l'homme-lige de Mouammar Kadhafi arrêté dimanche. L'ancien chef des services de renseignement, beau-frère de Kadhafi, est en effet visé par un mandat d'arrêt international pour l'attentat contre un DC10 d'UTA, qui a fait 170 morts au-dessus du Niger en 1989. Les familles des victimes souhaitent donc qu'il purge la peine de réclusion à perpétuité prononcée en France par contumace en 1999 contre lui et cinq autres Libyens.

«Avec cette arrestation, les familles des victimes espèrent que les six Libyens reconnus coupables et condamnés par un tribunal français soient rapidement rattrapés par la justice pour purger leur peine», dit l'Association française des victimes du terrorisme dans un communiqué. Le ministère français des Affaires étrangères souligne lundi que pour mettre fin à la contumace, «un procès en présence de l'accusé devrait se tenir en France». Mais il précise qu'Abdallah al Senoussi fait parallèlement l'objet de poursuites de la Cour pénale internationale.

S'assurer «qu'il rende compte de sa responsabilité dans l'attentat contre le DC10 d'UTA»

«Nous nous concerterons avec les juridictions concernées pour nous assurer qu'il rende compte aussi, dans le respect de la loi française, de sa responsabilité dans l'attentat contre le DC10 d'UTA», indique le Quai d'Orsay. Abdallah al Senoussi a été capturé dimanche dans une propriété située dans le désert libyen au lendemain de l'arrestation, non loin de là, de Saïf al Islam, fils de l'ancien «Guide» libyen. Selon les conclusions de la justice française, les services secrets libyens ont commis l'attentat contre le DC10 au moyen d'une valise piégée introduite dans l'appareil par un passager.

Les proches des victimes avaient jadis tenté de faire délivrer un mandat d'arrêt contre Mouammar Kadhafi lui-même, une mesure refusée par la Cour de cassation en raison de l'immunité coutumière dont bénéficient les chefs d'Etat en exercice. En 2004, la France a accepté la levée des sanctions internationales contre la Libye après la signature d'un accord par lequel la Fondation Kadhafi acceptait de verser un million de dollars d'indemnités par victime. L'attentat avait fait des victimes de 18 nationalités, dont 54 Français.