Espagne: La droite, grande favorite des élections législatives de dimanche

POLITIQUE Le Parti populaire de Mariano Rajoy surfe sur la colère des électeurs à l'encontre des socialistes sortants, jugés responsables du marasme économique que connaît le pays...

B.D. avec Reuters

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Le chef du Parti Populaire espagnol, Mariano Rajoy, lors d'un meeting de campagne à Barcelone, le 16 novembre 2011.
Le chef du Parti Populaire espagnol, Mariano Rajoy, lors d'un meeting de campagne à Barcelone, le 16 novembre 2011. — REUTERS/Albert Gea

Les socialistes espagnols, prochaines victimes politiques de la crise de la zone euro? Comme leurs voisins irlandais, grecs, italiens et portugais, qui ont tous remplacé leurs dirigeants alors que s'aggravait la situation économique, les électeurs espagnols semblent sur le point de remplacer les socialistes, au pouvoir depuis sept ans, lors des élections législatives organisées dimanche dans le pays.

L’économie espagnole est en effet en plein marasme, et le taux de chômage le plus élevé (21,5%) de l'Union européenne. Selon les derniers sondages, le Parti populaire (PP) de centre droit emmené par Mariano Rajoy est quasiment assuré de la victoire dimanche: il devance de 17 points les socialistes emmenés par Alfredo Perez Rubalcaba. Une aubaine pour la droite, qui attend un mandat clair pour réduire les dépenses publiques et sortir le pays de la crise de la zone euro.

Rajoy, meilleur régisseur de l'économie que Rubalcaba

L'économie espagnole basculant dans la récession, la question du chômage a dominé la campagne à part égale avec le risque de voir le pays succomber à la crise de la dette, qui a déjà porté les coûts d'emprunt du pays à un niveau dangereusement élevé. Un Espagnol sur cinq est sans emploi. Dans 1,4 million de foyers, personne n'est officiellement actif, et un million de familles risquent l'expulsion en raison d'arriérés de traites ou de loyers, selon l'Association des usagers de banques.

Mariano Rajoy, ancien administrateur de biens et ministre de l'Intérieur âgé de 56 ans, strict et peu souriant, n'est pas follement aimé des Espagnols, mais ils voient en lui un meilleur régisseur de l'économie que Rubalcaba, ex-professeur de chimie de 60 ans qui a aussi été ministre de l'Intérieur.

Besoin de nouvelles mesures pour juguler le déficit

«Beaucoup ont le sentiment que les socialistes ont mal géré l'économie et qu'un changement améliorera les choses», confie Antonio Barroso, analyste au cabinet Eurasia Group. Après les élections, d'intenses pressions seront exercées sur Rajoy pour qu'il nomme rapidement un ministre de l'Economie de renommée internationale et prenne de nouvelles mesures pour juguler le déficit.

Ce dernier estime que le pays a besoin de réformes comme l'assouplissement des conditions d'embauche et de licenciement, la réduction des charges pesant sur les entreprises et la réduction des dépenses consacrées à l'aide au développement ou à l'audiovisuel public. Et ce, malgré le mouvement des «Indignados», qui manifestent sur des places publiques depuis plusieurs mois. En effet, d'après les instituts de sondages, ils n'ont pas acquis assez d'élan pour affecter l'issue du scrutin de dimanche.

Zapatero extrêmement impopulaire

A la différence des Grecs, dont les manifestations anti-austérité ont provoqué une crise politique, les Espagnols semblent prêts à se serrer la ceinture. Mariano Rajoy pense ainsi pouvoir atteindre l'objectif ambitieux, promis à l'Union européenne, de réduire le déficit public à 4,4% du PIB l'an prochain sans compromettre les programmes sociaux. Cependant, il a évité d'indiquer avec précision comment il réduirait les dépenses.

En face, le président du gouvernement sortant, le socialiste José Luis Zapatero, connaît une extrême impopularité. Quand il a décidé de ne pas se représenter et d'avancer les élections à novembre au lieu de mars 2012, les socialistes ont vu leur seul espoir en Rubalcaba. Celui-ci a prédit que les projets du PP porteraient préjudice aux hôpitaux et aux écoles. Toutefois, ayant longtemps été ministre de l'Intérieur de Zapatero, sa crédibilité en matière d'emploi est limitée.