Le roi du Népal réinstitue le parlement

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Le roi Gyanendra du Népal a demandé vendredi à l'alliance des partis de l'opposition, qui ont lancé il y a deux semaines un vaste mouvement de protestation pour le rétablissement de la démocratie, de lui proposer un nom pour le poste de Premier ministre.
Le roi Gyanendra du Népal a demandé vendredi à l'alliance des partis de l'opposition, qui ont lancé il y a deux semaines un vaste mouvement de protestation pour le rétablissement de la démocratie, de lui proposer un nom pour le poste de Premier ministre. — Devendra Man Singh AFP

Le roi Gyanendra du Népal a accepté dans une proclamation télévisée lundi de réinstituer le parlement, après 19 jours de manifestations dans la capitale Katmandou.

L'alliance de sept partis d'opposition avait lancé de concert avec les rebelles maoïstes une grève générale illimitée le 6 avril et une campagne de manifestations.

Dimanche, les cortèges avaient été limités à la périphérie de Katmandou, où quelque 10.000 personnes ont manifesté, contre 200.000 à 300.000 samedi selon des journalistes et des diplomates.

Depuis le début du mouvement il y a près de trois semaines, au moins quatorze personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées par des tirs et des charges des forces de l'ordre.

A Genève, le rapporteur de l'ONU sur les exécutions sommaires, Philip Alston, a condamné lundi la pratique des tirs à vue des forces népalaises contre les manifestants, mettant Katmandou en garde contre le risque de commettre des crimes contre l'humanité.

L'opposition avait annoncé pour mardi une nouvelle grande manifestation pour le rétablissement de la démocratie pluraliste.

Le 1er février 2005, le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs, instauré l'état d'urgence et limogé le gouvernement en l'accusant d'être corrompu et incapable de mater la rébellion maoïste, engagée dans une guérilla contre la monarchie qui a fait 12.500 morts en dix ans.

Depuis, des centaines de militants politiques et défenseurs des droits de l'Homme ont été emprisonnés.

Confronté à la plus grave crise de son règne, le monarque avait annoncé vendredi dernier la tenue d'élections et proposé à l'alliance de l'opposition de désigner une personnalité pour le poste de Premier ministre. Mais l'alliance avait rejeté son offre, jugée tardive et insuffisante.

Dans une lettre rendue publique lundi par la Commission asiatique pour les droits de l'homme, 18 opposants détenus dans un camp militaire à l'est de Katmandou ont accusé la communauté internationale d'avoir retardé le retour de la démocratie au Népal en soutenant partiellement l'initiative du roi.

La lettre est adressée aux ambassadeurs à Katmandou des pays membres de l'Union européenne, des Etats-Unis, de l'Inde et de la Chine ainsi qu'au représentant de l'ONU.