Occupy Wall Street: la presse sous pression de la police à New York

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Arrestations de journalistes, difficultés à accéder à l'information: la couverture du mouvement Occupy Wall Street à New York est difficile pour la presse.
Arrestations de journalistes, difficultés à accéder à l'information: la couverture du mouvement Occupy Wall Street à New York est difficile pour la presse. — Allison Joyce afp.com

Arrestations de journalistes, difficultés à accéder à l'information: la couverture du mouvement Occupy Wall Street à New York est difficile pour la presse.

Au moins sept d'entre eux ont été arrêtés mardi alors qu'ils tentaient de couvrir l'expulsion en pleine nuit des manifestants qui campaient depuis deux mois sur le square Zuccotti, a indiqué mercredi le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui s'est dit "préoccupé" par l'"obstruction" de la police.

Parmi les journalistes arrêtés, figurent notamment deux journalistes du quotidien Daily News et deux journalistes de l'agence AP qui ont tous affirmé avoir leur carte d'accréditation, selon le CPJ.

Une journaliste indépendante, qui a préféré ne pas être identifiée, a expliqué à l'AFP qu'elle avait été arrêtée parce qu'on lui reprochait d'"empêcher la circulation des piétons", alors qu'elle essayait de s'approcher du square Zuccotti, bouclé par des centaines de policiers et autant de barrières métalliques vers 02H00 du matin mardi.

Elle a été détenue pendant près de trois heures. "Durant ma détention, on ne m'a pas permis de passer un appel téléphonique. Ma chef n'a rien su pendant trois heures", a-t-elle expliqué. "Je dois me présenter devant un juge en janvier", a-t-elle ajouté.

A ces arrestations se sont ajoutées des difficultés à accéder à l'information.

Dans la nuit de lundi à mardi, durant les opérations d'expulsion du square, les journalistes ont été empêchés de s'approcher, et souvent refoulés s'ils avaient réussi à arriver jusqu'au square.

Le maire de New York Michael Bloomberg, a expliqué qu'il s'agissait d'"empêcher que la situation ne s'aggrave, et de protéger les membres de la presse".

Mais plusieurs journalistes ont également fait état de comportements violents, ont expliqué avoit été repoussés par la police ou menacés verbalement pour qu'ils ne filment pas, par exemple une interpellation durant laquelle deux policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes contre une jeune femme, a constaté l'AFP.

"Nous savons que lorsque les manifestations s'intensifient, il est peut-être difficile pour la police de faire la distinction entre les participants et les passants, mais il est clair que de nombreux journalistes ont été arrêtés à tort, sans raison", a déclaré John Ensslin, président de la Société des journalistes professionnels américains (SPJ) dans un communiqué.

Le CPJ et la SPJ ont demandé au maire et la police de New York des garanties pour que la presse puisse travailler librement.

"Les journalistes doivent pouvoir couvrir l'information sans avoir peur d'être arrêtés ou harcelés. Il est particulièrement choquant que les autorités aient cherché à empêcher la couverture d'un événement", a dénoncé le coordinateur du CPJ pour les Amériques Carlos Lauria.

Et la SPJ a demandé au maire de New York que soient abandonnées les charges retenues contre les journalistes arrêtés.