L'extradition de Noriega vers le Panama de nouveau examinée par la justice

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Le "dernier obstacle" au retour au Panama de l'ex-dictateur Manuel Noriega a été levé, a estimé mercredi son avocat, après l'annonce par la cour d'appel de Paris du feu vert des Etats-Unis à une seconde demande d'extradition déposée par les autorités panaméennes.
Le "dernier obstacle" au retour au Panama de l'ex-dictateur Manuel Noriega a été levé, a estimé mercredi son avocat, après l'annonce par la cour d'appel de Paris du feu vert des Etats-Unis à une seconde demande d'extradition déposée par les autorités panaméennes. — HO afp.com

Après 21 ans passés dans des prisons américaine et française, l'ex-dictateur panaméen Manuel Noriega pourrait prochainement revoir son pays si la cour d'appel de Paris décidait ce mercredi de trancher l'imbroglio juridique empêchant son extradition vers le Panama. Sur le papier, l'affaire est simple: le Panama, Manuel Noriega, la France et les Etats-Unis - qui avaient renvoyé le général vers Paris en avril 2010 - ont accepté le principe de l'extradition.

Le Panama, qui souhaite que son ancien dirigeant purge dans ses prisons plusieurs peines pour des disparitions d'opposants et soit jugé pour d'autres crimes, avait adressé une première demande d'extradition à la France. Jugée recevable en août 2010 par la cour d'appel de Paris, cette requête a reçu en mars le feu vert de Washington. Le Premier ministre, François Fillon, a signé en juillet son décret d'extradition, et , fin septembre, un juge de l'application des peines (JAP) a décidé d'accorder la libération conditionnelle, assortie d'une mesure d'extradition, à l'ex-dictateur.

Seconde demande d'extradition

Mais ce dernier est demeuré sous écrou extraditionnel: la justice française a reçu en janvier par la voie diplomatique une seconde demande d'extradition du Panama, portant sur l'assassinat en 1989 du capitaine Moises Giroldi Vera, pour lequel Manuel Noriega a été condamné en 1994 à 20 ans de prison. Manuel Noriega a passé ces deux dernières décennies derrière les barreaux: d'abord aux Etats-Unis, à Miami, ensuite à Paris, où il purge sept ans de prison pour blanchiment d'argent. De santé fragile, il a choisi de ne pas contester l'extradition car il souhaite rentrer dans son pays pour se rapprocher de sa famille.

Le 7 septembre, la juge Edith Boizette est allée contre l'avis du parquet général en se refusant à juger «sans objet» la seconde demande, considérant qu'elle devait elle aussi être validée par Washington, au terme d'un processus diplomatique fastidieux. On ignorait dans l'immédiat si une réponse américaine était parvenue à la juge, qui doit ce mercredi rejeter ou juger «sans objet» cette seconde demande pour que le général puisse comme il le souhaite rentrer affronter la justice de son pays.

«Tout le monde est favorable» à l'extradition

«Mon seul voeu est que la juge permette son extradition, puisque tout le monde y est favorable», a déclaré à l'AFP Me Antonin Lévy, un des avocats de Manuel Noriega. Dans le cas contraire, elle pourrait s'en tenir à sa position lors de l'audience de ce mercredi, à laquelle assistera le général, ce qui reporterait encore son extradition. Si elle rejetait la demande panaméenne ou la jugeait «sans objet», l'extradition de Manuel Noriega pourrait intervenir dans un délai de «quelques jours à quelques semaines», selon Me Lévy.

Ce casse-tête juridique aurait également pu être résolu par le Panama en retirant simplement la seconde demande d'extradition, estime l'avocat, qui dénonce les ambiguïtés de la diplomatie panaméenne. «Mais on n'est jamais à l'abri d'un nouveau rebondissement», a-t-il dit.