Syrie: La communauté internationale salue la décision de la Ligue arabe

RÉACTIONS lors qu'en Syrie, des manifestants pro-régime ont pris d'assaut plusieurs ambassades, en signe de protestation contre la décision de la Ligue arabe...

Avec agences

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La réunion du Conseil de sécurité de l'ONU débute, au siège des Nations Unies, à New York, le 9 juin 2010.
La réunion du Conseil de sécurité de l'ONU débute, au siège des Nations Unies, à New York, le 9 juin 2010. — REUTERS/Brendan McDermid

La communauté internationale a salué la décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie en raison de la violente campagne de répression de l'opposition menée par le régime de Bachar el-Assad.

Les violences se sont en effet poursuivies dans le pays malgré le plan de paix soumis par la Ligue arabe le 2 novembre. Selon les Nations unies, plus de 3.500 personnes ont péri en sept mois de violences. En plus de la suspension du pays, l'institution panarabe a annoncé l'imposition de sanctions diplomatiques et économiques à Damas, et invité ses Etats-membres à retirer leurs ambassadeurs.

Un «pas dans la bonne direction» pour l'opposition syrienne

Dans un communiqué, le Conseil national syrien, qui regroupe la majorité de l'opposition syrienne, s'est félicité de ces décisions, les qualifiant de «pas dans la bonne direction», alors que les militants pro-démocratie avaient appelé vendredi les Syriens à défiler pour réclamer «le gel de l'adhésion de la Syrie à la Ligue arabe». Les Occidentaux, Union européenne et Etats-Unis en tête, ont réagi en saluant l'isolement «croissant» de la Syrie.

Le président américain Barack Obama a «applaudi» une «étape importante». Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé la communauté internationale «à entendre le message qui lui est adressé par les Etats arabes et à agir (...) dans toutes les instances internationales appropriées», faisant allusion au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part estimé samedi soir que la décision de la Ligue arabe avait été «forte et courageuse». Londres a également réagi à cette mesure. «Cela envoie un message clair au président Bachar el-Assad et à son régime qui continuent de refuser une transition politique en Syrie et sont responsables d'une escalade de la violence et de la répression», a déclaré un porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron.

Protestation en syrie contre la décision de la Ligue arabe

En Syrie, des manifestants pro-régime ont mis à sac samedi l'ambassade d'Arabie saoudite à Damas, et d'autres sont montés sur le toit de l'ambassade du Qatar, en signe de protestation contre la décision de la Ligue arabe. La répression de la révolte populaire, qui a fait selon l'ONU plus de 3.500 morts depuis la mi-mars, n'a pas faibli, faisant notamment plus de 120 morts en dix jours dans la seule région de Homs, un des foyers de la contestation dans le centre du pays.

Samedi, dix civils, dont une femme, et onze agents de sécurité ont été tués dans le cadre d'opérations de répression et d'affrontements entre soldats et déserteurs à travers le pays, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le régime, qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation, affirme lutter contre des «gangs terroristes» qu'il accuse de chercher à semer le chaos dans le pays.