Italie: Silvio Berlusconi a démissionné

C.C. avec Reuters

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Le chef du Conseil italien Silvio Berlusconi à son arrivée au G20 au palais des festivals de Cannes, le 4 novembre 2011.
Le chef du Conseil italien Silvio Berlusconi à son arrivée au G20 au palais des festivals de Cannes, le 4 novembre 2011. — A.WITT/SIPA

Silvio Berlusconi a remis sa démission au président Giorgio Napolitano ce samedi soir, après avoir remercié son gouvernement. Après le Sénat vendredi, la chambre des députés italienne a adopté ce samedi en fin d'après-midi la loi de stabilité financière, étape qui a ouvert la voie à la formation d'une nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Mario Monti. 

Comme promis, Silvio Berlusconi, qui n'a pu obtenir une majorité absolue mardi, quitte le gouvernement puisque le parlement italien a entériné la loi de stabilité financière, réclamée par les partenaires européens de Rome pour rétablir la confiance des marchés dans les finances publiques de la Péninsule.

Un nouveau gouvernement élargi

Son retrait de la vie politique italienne serait un événement majeur: depuis 1994, Berlusconi a dirigé à trois reprises le gouvernement (1994-1995, 2001-2006 et depuis 2008). Il ouvrira la voie à la formation d'un gouvernement élargi que devrait diriger l'ancien commissaire européen Mario Monti, actuel président de l'université Bocconi de Milan et président honoraire du cercle Bruegel, un club de réflexion économique européen. Monti a été nommé mercredi dernier sénateur à vie par le président de la République, un décret inattendu qui a préparé le terrain à sa désignation à la tête du gouvernement. Selon certains politologues, son gouvernement, qui devrait être largement composé de technocrates, pourrait être annoncé dès dimanche soir, avant l'ouverture des marchés.  

L'accélération du cours de la vie politique italienne a été impulsée par Giorgio Napolitano et des parlementaires en réponse à la pression exercée par les marchés qui ont porté cette semaine les taux exigés sur les emprunts d'Etat italien à des niveaux frôlant les 7% pour le papier à dix ans, soit le seuil qui a vu l'Irlande et le Portugal se résoudre à demander l'aide de l'UE. Le scénario d'une éviction programmée de Berlusconi a allégé les tensions en fin de semaine.

Vendredi, le président Napolitano a reçu le soutien de plusieurs de ses homologues européens. Au cours d'une conversation téléphonique, le président allemand Christian Wulff lui a dit être conscient des potentiels de l'économie et de la solidité du système bancaire en Italie. Les deux hommes sont convenus de la nécessité de faire vite pour appliquer les mesures d'austérité qui aideront à relancer la dynamique européenne.  Nicolas Sarkozy a exprimé pour sa part sa «pleine confiance dans l'action déterminée et efficace du chef de l'Etat italien» et lui a apporté son «soutien le plus total».