Grèce: L'ex vice-président de la BCE, Lucas Papademos, sera le nouveau Premier ministre

MONDE Après plusieurs jours de négociations, il succède à Georges Papandréou...

© 2011 AFP

— 

L'ex-vice-président de la BCE et nouveau Premier ministre grec, Lucas Papademos, le 10 novembre 2011, à Athènes.
L'ex-vice-président de la BCE et nouveau Premier ministre grec, Lucas Papademos, le 10 novembre 2011, à Athènes. — Y.BEHRAKIS / REUTERS

L'ancien vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos, devient le prochain Premier ministre grec, selon l'agence de presse grecque Ana. L'information a été confirmée par la présidence grecque ce jeudi en début d'après-midi.

Lucas Papademos était arrivé un peu plus tôt à la résidence présidentielle, où se sont retrouvés les chefs de partis chargés de désigner un successeur à Georges Papandréou.

Le chef de l'église de Grèce prêt pour une prestation de serment

Le grand marchandage entre les partis grecs pour désigner un Premier ministre de consensus qui met la patience des créanciers du pays à bout, venait de reprendre jeudi matin, alors que droite, socialistes et extrême-droite se retrouvaient pour tenter de sortir d'un imbroglio politique.

Après une série de coups de théâtre médiatiques, l'ex-vice-président de la Banque centrale européenne et ex-gouverneur de la Banque centrale de Grèce, Lucas Papademos, 64 ans, faisait de nouveau figure de favori dans la presse jeudi matin pour succéder au socialiste, Georges Papandréou démissionnaire. L'arrivée de Lucas Papademos à la résidence présidentielle, annoncée par la télévision publique, confirmait ce pronostic. L'archévêque orthodoxe d'Athènes Mgr Ieronymos, chef de l'église de Grèce, a annulé un voyage et était prêt à répondre à une convocation pour être présent lors d'une éventuelle prestation de serment à la présidence, a par ailleurs indiqué l'agence de presse grecque Ana, semi-officielle.

La gauche radicale et les communistes refusent de participer

Les chefs de trois partis, Georges Papandréou du Pasok (socialiste), Antonis Samaras de la Nouvelle-Démocratie (droite) et Georges Karatzaféris (extrême droite) se sont de nouveau rencontrés à la présidence de la République à 10h, après l'échec d'une première réunion mercredi soir. Georges Papandréou s'est entretenu au téléphone mercredi avec Lucas Papademos, 64 ans, a-t-on indiqué de source proche du Pasok. En arrivant à la réunion, à laquelle les dirigeants des partis de gauche radicale et communiste ont refusé de participer, le leader de droite Antonis Samaras a souhaité qu'elle soit «la dernière».

Mercredi soir, point d'orgue d'un psychodrame médiatico-politique qui agite la Grèce depuis l'annonce avortée d'un référendum par Georges Papandréou, le dirigeant d'extrême droite avait quitté la résidence présidentielle très rapidement, en dénonçant le choix initial des chefs des deux principaux partis qui s'était alors porté sur le président du Parlement grec, Philippos Petsalnikos. Dans la soirée, on apprenait par ailleurs que plusieurs députés socialistes ou conservateurs s'étaient aussi vivement élevés contre ce choix, un compagnon de route historique de Georges Papandréou, lequel quitte ses fonctions avec une très mauvaise image dans l'opinion grecque.

L'UE et le FMI pressent pour «une solution claire»

Depuis dimanche, après le ralliement de la droite à l'idée d'un gouvernement de coalition pour tenter d'éviter une faillite au pays, les partis ont beaucoup de mal à se mettre d'accord sur le choix du candidat idéal pour le diriger. Les tractations se passent dans une atmosphère électrique, retransmises en direct par les chaines de télévision et suivies avec inquiétude par les créanciers du pays. L'UE et le FMI pressent pour «une solution claire», afin que le pays mette en place rapidement l'accord européen sur la deuxième aide au pays, menacé de sortir de l'euro.

Jeudi à Pékin, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a une nouvelle fois demandé une «clarification politique» en Grèce ainsi qu'en Italie, alors que les bourses dans le monde sont déstabilisées après l'annonce du départ des chefs de gouvernement des deux pays européens au coeur de la crise de la dette publique.

«Angoisse après l'indignation»

La majorité des quotidiens grecs de jeudi exprimaient leur «indignation» pour le retard pris. «Angoisse après l'indignation» titre Kathimérini (libéral). Ta Néa (socialiste) et Elefthérotypia (gauche) qualifent les négociations «d'opérette». «Le pays est en train de couler et les partis ne s'occupent que de leur propre intérêt, leurs ambitions personnelles et les rivalités traditionnelles», regrette l'édition anglaise de Kathimérini. L'hebdomadaire satirique To Pontiki montre en une la photo de la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il désigne comme le prochain Premier ministre grec en raison du rôle déterminant de son pays dans le plan de sauvetage du pays.

Pendant ce temps à Bruxelles, la Commission a officialisé les sombres pronostics pour l'économie du pays, qui restera en récession en 2012, avec un recul du PIB de 2,8% prévu sur l'année, ce qui mécaniquement aggrave aussi les prévisions du ratio de déficit public par rapport au PIB.