USA 2012: A un an du scrutin, une réélection d'Obama est possible, mais risque d'être serrée

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Malgré la persistance d'un chômage élevé et des perspectives économiques incertaines, Barack Obama peut encore espérer décrocher un second mandat de président des Etats-Unis dans un an, même s'il devra jouer très serré.
Malgré la persistance d'un chômage élevé et des perspectives économiques incertaines, Barack Obama peut encore espérer décrocher un second mandat de président des Etats-Unis dans un an, même s'il devra jouer très serré. — Markus Schreiber afp.com

Malgré la persistance d'un chômage élevé et des perspectives économiques incertaines, Barack Obama peut encore espérer décrocher un second mandat de président des Etats-Unis dans un an, même s'il devra jouer très serré.

«Si je n'ai pas résolu cela dans trois ans, ma présidence ne durera qu'un mandat»: les adversaires républicains de Barack Obama ne se privent pas de lui rappeler ses déclarations sur la crise remontant au 2 février 2009, quand le taux de chômage officiel était de 7,6%. Il stagne depuis juillet à 9,1% et, sondage après sondage, les Américains témoignent de leur manque de confiance envers leur président sur les questions économiques.

Barack Obama a prédit que l'élection serait «serrée»

Selon le New York Times, aucun président n'a été réélu depuis Roosevelt quand le chômage dépasse 7,2%. Le 18 octobre, Barack Obama a prédit que l'élection serait «serrée, parce que l'économie n'est pas encore dans l'état que nous souhaiterions».

Mais 12 mois avant la consultation du 6 novembre 2012, trop d'inconnues persistent pour préjuger de son résultat, à commencer par le nom du candidat républicain: un modéré comme Mitt Romney mordrait davantage sur l'électorat centriste de Barack Obama.

Et dans un système où un trésor de guerre s'avère crucial, Barack Obama a jusqu'ici fait le plein des donateurs, en profitant de la caisse de résonance et de la logistique de la Maison Blanche. Sa cote de popularité oscille encore autour de 45%, ce qui n'est pas irréversible.

«J'ai les cheveux plus gris, je suis cabossé de partout»

Reste que le trajet de Barack Obama vers une possible réélection n'aura pas grand chose à voir avec sa spectaculaire ascension de 2007-2008, quand, sur un message de «changement» et «d'espoir», il avait terrassé la favorite Hillary Clinton lors de la primaire avant de triompher du républicain John McCain.

La campagne de 2012 «ne va pas être aussi sexy. Elle n'aura pas autant le goût de la nouveauté. J'ai les cheveux plus gris, je suis cabossé de partout», a affirmé le président lors d'une récente tournée en Californie.

En 2008, la victoire de Barack Obama avait été attribuée à une mobilisation sans précédent des jeunes et des minorités, qui lui avait permis d'enlever des Etats républicains de longue date comme la Virginie et la Caroline du Nord. La gageure sera de parvenir à provoquer une telle lame de fond dans des circonstances différentes.

«Les gens sont fatigués, usés. Ils sont épuisés et souffrent, l'énergie de 2008 va donc devoir être générée autrement», reconnaît le président américain, alors que sa promesse de changer le fonctionnement de Washington en cherchant le consensus n'a pas été suivie d'effet.

Obama durcit le ton et affûte ses arguments

Face à ce qu'il qualifie d'obstruction des républicains, depuis un an en position de force au Congrès, Barack Obama a durci le ton et affûté ses arguments, une stratégie qu'il devrait mettre en oeuvre contre son futur adversaire une fois la campagne lancée pour de bon.

«La question (pour les électeurs) sera de savoir à qui vous faites confiance pour continuer à oeuvrer (à la reprise). Faites-vous confiance à un président qui prend ses décisions pour le bien de la classe moyenne, qui veut vous aider de façon juste, ou bien à un parti qui veut revenir à la politique du passé?», s'est récemment demandé un haut responsable de l'administration démocrate.

Pour Mitt Romney, jusqu'ici favori de la primaire, «la définition de la classe moyenne, c'est quelqu'un qui roule en Mercedes et pas en Bentley», a ironisé ce responsable sous couvert de l'anonymat. Si l'économie devrait dominer le débat de l'élection, la Maison Blanche essaie d'insister sur le bilan de Barack Obama en matière de sécurité nationale.

«Nous avons réussi à décimer Al-Qaïda et à faire en sorte qu'Oussama ben Laden ne marche plus jamais à la surface de cette terre, c'est du changement», assure le président lors de ses réunions électorales. Mais l'histoire récente montre qu'un solide bilan de politique étrangère ne vaccine pas contre un revers électoral, comme l'a appris à ses dépens George Bush père, victime d'un ralentissement économique et battu en 1992 par Bill Clinton.