Une rébellion maoïste incapable d'incarner une alternative

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Limites d'une contestation. La rébellion maoïste a déjà fait quelque 13 000 morts depuis le 13 février 1996, date à laquelle elle a pris les armes. D'inspiration indienne et non chinoise, « les maoïstes népalais sont une fraction de l'extrême gauche du pays, qui a été marginalisée dans le jeu démocratique après 1990 et a décidé de s'imposer par les armes », explique Marc Gaborieau, retraité de l'Ehess et du CNRS, qui représenta la France à Katmandou de 1963 à 1968. Les leaders sont des brahmanes (haute caste hindoue) et les troupes des jeunes paysans, souvent embrigadés de force. Pour terroriser la population, les « maos » pratiquent des châtiments exemplaires. On considère qu'ils contrôlent la moitié du pays, surtout les campagnes. La population ne veut pas d'une révolution rouge et l'avenir du pays s'écrit en noir. « Il n'y a pas de relève dans la famille royale, ni chez les politiques », estime le chercheur, qui rappelle qu'aucun leader n'a émergé durant la démocratie des années 1990.

C. L.