Iyad, fonctionnaire palestinien non payé

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Gaza

De notre envoyée spéciale

Dans les rues sales de Gaza, la circulation est anormalement fluide et le long de la rue commerçante du centre-ville les boutiques désertées. Dans la bande de Gaza, tout ou presque, nourriture comme essence, est importé d'Israël par le point de passage de Karni, le plus souvent fermé depuis janvier. Conséquence directe : pénurie et hausse des prix.

Il y a encore quelques semaines, Iyad Farajallah, officier dans un service de sécurité palestinien à Gaza, était un des rares à pouvoir payer ses achats. Fonctionnaire de l'Autorité palestinienne, il recevait un salaire fixe et régulier. Mais cette dernière est au bord de la banqueroute et les décisions américaine et européenne de suspendre les aides directes au nouveau gouvernement Hamas n'ont fait que renforcer une crise économique sans précédent. Iyad et les 140 000 autres fonctionnaires n'ont toujours pas reçu leur salaire du mois de mars. Or, ils font vivre un Palestinien sur quatre.

En plus de son poste officiel, Iyad est chauffeur de taxi pour joindre les deux bouts. Mais depuis quelques jours, il ne sort plus sa voiture : l'essence est trop chère et les clients absents. C'est dire si pour nourrir sa femme et ses quatre enfants, il attend avec impatience son salaire de 500 $ (420 E). « C'est difficile ! Je me débrouille comme je peux. Nous n'achetons que l'essentiel, c'est-à-dire l'huile, la farine, le lait. Si les enfants veulent quelque chose, je leur dis non... Et puis, tout le reste attend : le loyer, les factures, le remboursement des crédits. »

Iyad, comme beaucoup de Palestiniens, ne comprend pas la décision européenne : « Tout le monde a insisté pour que nous ayons des élections démocratiques et personne ne s'est opposé à la participation du Hamas. Maintenant qu'on a élu des dirigeants sans fraude, on nous punit ! C'est injuste. »

Céline Bruneau

Deux Français font partie des neuf victimes de l'attentat de Tel-Aviv. Une femme de 75 ans et un homme d'une quarantaine d'années. Hier, au lendemain de l'attaque contre le cabinet palestinien dirigé par le Hamas, Israël a rejeté la responsabilité de l'attentat-suicide. De son côté, le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a refusé de condamner l'attaque et affirmé que « la poursuite de l'occupation et des agressions » israéliennes était à l'origine du cycle de violence.