Moussaoui, schizophrène ?

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Sauver Zacarias Moussaoui malgré lui. C'est la mission que se sont assignée ses avocats. Alors que le procès du Français, accusé de complicité avec les auteurs des attentats du 11 Septembre, touche à sa fin à Alexandria, à l'est des Etats-Unis, les avocats de la défense tentent de convaincre les jurés que leur client n'est pas sain d'esprit comme il le prétend lui-même mais déséquilibré. Schizophrènes, comme son père et ses soeurs aînées, pour être précis.

Lundi, une spécialiste de l'enfance et des problèmes sociaux a ainsi été appelée à la barre pour retracer le parcours, chaotique, de Moussaoui et de sa famille : le mariage de sa mère, à 14 ans, avec Omar Moussaoui, un homme violent et alcoolique, aujourd'hui interné dans un hôpital psychiatrique à Nanterre, en banlieue parisienne ; les placements successifs du petit Zacarias en orphelinat ; le divorce de ses parents ; son adolescence joyeuse, entourée d'amis puis le basculement vers l'extrémisme et le terrorisme musulman dans les années 1990 à Londres.

Hier, un psychologue, spécialiste de la schizophrénie témoignait en faveur du Français, qui risque la peine de mort s'il est considéré sain d'esprit. Xavier Amador s'est entretenu en avril 2005 avec le prévenu et a pu lire ses écrits. Il a assuré que Zacarias Moussaoui souffrait de schizophrénie paranoïaque. Un diagnostic contredit par les experts du gouvernement américain, qui seront entendus à la fin de semaine, juste avant la délibération du jury.

Clémence Lemaistre