Libye: Quel avenir sans l'Otan?

MONDE Le mandat de l'ONU afin de protéger les populations civiles libyennes prendra fin lundi prochain...

Corentin Chauvel

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Une réunion de l'Otan à Bruxelles (Belgique), le 5 octobre 2011.
Une réunion de l'Otan à Bruxelles (Belgique), le 5 octobre 2011. — W.MCNAMEE / REUTERS

Le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé ce jeudi la fin du mandat accordé à l'Otan pour mener une opération militaire de sept mois en Libye qui a conduit à la chute et à la mort de Mouammar Kadhafi.

Malgré les demandes de prolongement de cette mission par les autorités libyennes, le Conseil de sécurité n’a pas cédé car celles-ci dépasseraient les prérogatives du mandat de l’ONU fixées en mars dernier. Toutefois, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé ce jeudi que, dans cette nouvelle phase, les forces de la coalition examineraient «avec les autorités libyennes les moyens de répondre à leurs demandes» et se concerteront «pour apporter les réponses appropriées aux demandes libyennes».

Encore «beaucoup d’incertitudes» en Libye

Contacté par 20Minutes, Yves Boyer, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, indique qu’il reste «beaucoup d’incertitudes» sur l’avenir libyen, avec un «embrasement» voire un «éclatement» de l’unité fragile du pays. Parmi ces risques: «10.000 hommes armés à désarmer, une rivalité entre les tribus, l’instauration de la charia qui va poser des problèmes de droits de l’homme…»

«Il n’est pas certain que le résultat soit à la hauteur des espoirs des Occidentaux», estime ainsi Yves Boyer, mais «maintenant que l’opération militaire est réglée et n’a plus de validité juridique, la coalition internationale ne doit pas interférer dans la politique intérieure de la Libye».

Sans savoir si les choses tourneront mal, le chercheur regrette malgré tout «la vision romantique, idéaliste et impérialiste» du «Printemps arabe» de la part des Occidentaux. Cependant, Yves Boyer ne doute pas que «la communauté internationale va faire tout ce qu’elle peut pour peser sur le débat interne par différents canaux, des pressions diplomatiques ou des actions bilatérales». Réponse après le 31 octobre.