Selon les derniers chiffres fournis mardi soir par la commission électorale (Isie), la "Pétition populaire" se trouvait en troisième position --derrière Ennahda et le CPR, mais devant Ettakatol-- après le dépouillement de 14 des 27 circonscriptions du pays
Selon les derniers chiffres fournis mardi soir par la commission électorale (Isie), la "Pétition populaire" se trouvait en troisième position --derrière Ennahda et le CPR, mais devant Ettakatol-- après le dépouillement de 14 des 27 circonscriptions du pays — Fethi Belaid afp.com

ÉLECTIONS

Tunisie: Le parti Ennahda attend la confirmation de sa victoire

elon les résultats partiels déjà disponibles, la formation islamiste est déjà assurée d'obtenir 53 sièges au sein de la future Assemblée constituante...

Les islamistes tunisiens d'Ennahda attendent toujours ce jeudi la confirmation de leur victoire aux élections constituantes de dimanche, premier scrutin libre dans l'histoire du pays. L'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), chargée de l'organisation du scrutin, continue de compiler et de vérifier les résultats remontés des circonscriptions.

Une annonce pourrait intervenir dans la journée, dit-on de sources proches de la commission électorale. Selon ses propres chiffres, Ennahda revendique plus de 40% des 217 sièges de l'Assemblée constituante, qui sera chargée de former un nouveau gouvernement provisoire et de rédiger la nouvelle Constitution du pays avant des élections législatives et présidentielle qui devraient intervenir dans un délai d'un an environ.

Ennahda assuré d'obtenir 53 sièges

Ses principaux adversaires ont reconnu la victoire de la formation islamiste, et les résultats partiels déjà disponibles semblent confirmer l'avance prise par les listes du parti de Rachid Ghannouchi. A ce stade, Ennahda serait assuré d'obtenir 53 sièges. Le Congrès pour la république de Moncef Marzouki, qui arrive en deuxième position, en aurait 18. Ces résultats ne prennent pas en compte les circonscriptions électorales de la capitale, Tunis.

Face aux inquiétudes que suscite sa probable arrivée au pouvoir parmi la société laïque et les milieux d'affaires, Ennahda, qui se revendique d'un islam modéré, s'efforce depuis dimanche de rassurer sur son programme politique, affirmant notamment qu'il n'envisage pas de revenir sur les droits des femmes, un des acquis de l'indépendance tunisienne.

«Nul ne peut arriver et changer totalement les choses»

L'actuel Premier ministre, Beji Caïd Essebsi, a affirmé ce jeudi qu'il n'avait aucune raison de douter des engagements d'Ennahda en faveur d'un Etat civil et démocratique. «Il ne m'appartient pas de juger des intentions, c'est à Allah de le faire. Je peux simplement juger ce qui a été rendu public et à ce stade, c'est positif. Au final, nul ne peut arriver et changer totalement les choses», dit-il dans les colonnes du quotidien égyptien Al Ahram.

«Je pense, ajoute-t-il, qu'(Ennahda) gouvernera avec intelligence et fera face à la réalité. Ce n'est pas nécessairement une force obscure. La Tunisie continuera d'aller de l'avant, et non pas à rebours de son histoire.» Les élections tunisiennes de dimanche sont les premières organisées depuis le début du «printemps arabe», et leurs répercussions sont suivies de près à l'étranger, où l'on cherche des indications sur les bouleversements en cours dans cette partie du monde.