Les Irlandais s'apprêtaient à choisir jeudi leur président, un poste honorifique qui a suscité des vocations de personnalités hétéroclites parmi lesquelles un homme d'affaires médiatique, un ex-ministre poète et un ancien responsable de l'IRA, le controversé Martin McGuinness
Les Irlandais s'apprêtaient à choisir jeudi leur président, un poste honorifique qui a suscité des vocations de personnalités hétéroclites parmi lesquelles un homme d'affaires médiatique, un ex-ministre poète et un ancien responsable de l'IRA, le controversé Martin McGuinness — Peter Muhly afp.com

Monde

Irlande: Election présidentielle ce jeudi, un ancien de l'IRA corse la campagne

Le poste est purement honorifique mais il suscite une lutte acharnée. Les Irlandais s'apprêtent à désigner ce jeudi leur président, fonction qui a suscité des vocations de personnalités hétéroclites parmi lesquelles un homme d'affaires médiatique, un ex-ministre poète et un ancien responsable de l'IRA: le controversé Martin McGuinness.

La campagne s'est envenimée sur la fin, quand l'homme d'affaires Sean Gallagher, qui faisait figure de favori, a dénoncé une tentative d'«assassinat politique»de la part de Martin McGuinness. Cet ancien membre dirigeant de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), devenu vice-Premier ministre de l'Ulster en paix, se présente en tant que candidat du parti nationaliste de gauche Sinn Féin à l'élection en République d'Irlande, dont il possède le passeport.

 

 

Accusation de pot-de-vin

Catholique, âgé de 61 ans, il est la figure la plus polémique de cette élection, en raison d'un parcours hors du commun au cours duquel il est passé de la lutte armée à la participation au processus de paix qui a mis fin à trois décennies de violence en Irlande du Nord.

McGuinness a accusé Gallagher, qui concourt en tant qu'indépendant, d'avoir reçu 5.000 euros de la part d'un homme d'affaires condamné pour contrebande, pour financer le Fianna Fail (centre), parti de gouvernement qui a perdu les élections en mars dernier.

Sean Gallagher, 49 ans, connu en Irlande pour sa participation à une émission de télévision impliquant des entrepreneurs, a démenti avoir touché cet argent et dénoncé les méthodes de son rival.

Clamant son «honnêteté et son intégrité», il a affirmé sur la radio irlandaise RTE qu'il ne se laisserait pas «distraire par des manoeuvres telles qu'un assassinat politique de la part de Martin McGuinness ou de quiconque au Sinn Féin».

Une gagnante de l'Eurovision candidate

Il était jusque là crédité de 40% d'intentions de vote dans les sondages, devant l'ancien ministre travailliste Michael D. Higgins, à 25%, et McGuinness à 15%. Suivaient le sénateur David Norris, ouvertement homosexuel (8%) et Gay Mitchell, un eurodéputé représentant le parti Fine Gael au pouvoir (6%).

Deux candidates indépendantes fermaient la marche à 3% chacune: Mary Davis et une ancienne gagnante de l'Eurovision 1970, Dana Rosemary Scallon.

Plus de 3,1 millions d'électeurs sont appelés jeudi à choisir un successeur à l'actuelle présidente Mary McAleese, qui part après deux mandats de sept ans. Le poste est avant tout symbolique: le président représente la république d'Irlande, effectue des visites à l'étranger et reçoit les chefs d'Etat.

Résultats attendus samedi

Michael D. Higgins, 70 ans, qui apparaît comme le candidat le plus à même de bénéficier d'une disgrâce de Gallagher, a appelé ce dernier à apporter des réponses.

«Si des questions aussi fondamentales liées à la transparence émergent, elles doivent obtenir des réponses capables de calmer les inquiétudes des électeurs», a-t-il affirmé, en visitant une école en langue gaélique à Carlow (centre).

Selon le système en vigueur en Irlande, les électeurs classent les candidats par ordre de préférence et leurs voix se reportent ensuite jusqu'à ce qu'un candidat obtienne la majorité absolue. Le décompte doit durer toute la journée de vendredi et les résultats sont attendus samedi.