« Causette » enquête et gêne un peu

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Réfugiés rwandais à Goma, Zaïre.
Réfugiés rwandais à Goma, Zaïre. — A. BOULAT / SIPA

Entre Paris et Kigali, tout est matière à tension. Quelques mois après la venue en France, en juin, de trois Rwandaises qui accusent, depuis 2004, des militaires français de les avoir violées lors de l'opération Turquoise en 1994, le magazine Causette décide de lancer une enquête. « Le contexte est alors celui de l'affaire DSK. Or, concernant ces femmes rwandaises, la presse souligne abondamment le fait qu'elles sont sans doute manipulées par le régime de Kagame. Mais, le fait qu'elles soient manipulées n'invalide pas forcément leurs accusations », explique Grégory Lassus-Debat.

Des témoins qui corroborent

les accusations
La journaliste Leila Minano part tenter de retrouver sur place d'éventuels témoins. Elle rencontre Irène, qui dit avoir été violée il y a dix-sept ans par deux militaires français. Elle ne veut pas porter plainte et, selon Causette, ne sait rien de la procédure en cours. Même chose pour une jeune rescapée du camp de Nyarushishi. « Il peut y avoir des saloperies limitées derrière une haie, reconnaît le colonel qui commandait le secteur. Si cela a existé ce sont des cas isolés pas un système. » Mais il faut croire que même limitées, les « saloperies » pourraient être gênantes. Le jour du bouclage du magazine, les dossiers ont disparu du serveur. Hier, Grégory Lassus-Debat a déposé plainte pour « accès frauduleux dans le système de traitement automatisé de données et suppression de fichiers ».A. Le G.