le massacre à huis clos se poursuit

Armelle le goff

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Protestation contre le régime syrien à Hula, près de Homs, le 24 octobre.
Protestation contre le régime syrien à Hula, près de Homs, le 24 octobre. — Ho New / REUTERS

Sans témoins ou presque, le président syrien Bachar al-Assad fait payer le prix fort à ses opposants. Au point de transformer jusqu'à ses hôpitaux en instruments de répression, selon un communiqué de presse d'Amnesty International (AI) paru lundi. « Dans bien des cas le personnel hospitalier aurait infligé des actes de torture et des mauvais traitements aux personnes même dont ils sont censés s'occuper », s'inquiète Cilina Nasser, chercheuse à AI.

La voie du suicide collectif
Les services de sécurité auraient, selon AI, carte blanche pour agir au sein des hôpitaux. Autre frein à la prise en charge des blessés, la Banque centrale du sang, seule habilitée à en fournir en cas de besoin, est sous contrôle du ministère de la Défense, ce qui met les soignants face à de cruels dilemmes. Effectivement, en envoyant la demande de transfusion au ministère de la Défense, ils indiquent leur localisation et sont susceptibles d'entraîner leur arrestation.
Or, la répression serait, selon les informations qui filtrent depuis le pays, sanglante. Depuis les débuts du mouvement, le 15 mars dernier, quelque 3 000 civils auraient été tués. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a eu beau tenter de durcir le ton vis-à-vis de Bachar al-Assad l'enjoignant à cesser les massacres, ses prises de position ne semblent pas devoir être suivies d'effets.
La Ligue arabe se rend néanmoins aujourd'hui à Damas pour tenter d'apaiser la situation. Mais pour Peter Harling, spécialiste de la Syrie à l'International Crisis Group (ICG), il y a peu de chances que la situation s'apaise prochainement. « Il y a fort à parier que le régime opte plutôt pour la voie du suicide collectif », explique-t-il. Dans ce cas, le seul salut offert à la population consisterait à accélérer sa chute. Sans l'y suivre.