Déby continue de charger le Soudan

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Après un week-end d'escalade verbale, Idriss Déby a joué l'apaisement hier. Vendredi, le président tchadien – qui accuse le Soudan d'aider les rebelles déterminés à le renverser – avait menacé d'expulser les 200 000 réfugiés soudanais regroupés près de la frontière si la communauté internationale ne leur trouvait pas un autre pays d'accueil. Il avait également menacé d'arrêter la production pétrolière de 200 000 barils par jour dès aujourd'hui si la Banque mondiale, avec qui le Tchad est en litige depuis des mois, ne versait pas les 100 millions de pétrodollars qu'elle lui refuse par mesure de rétorsion (le Tchad est soupçonné de vouloir utiliser ses pétrodollars pour faire la guerre).

Après avoir ainsi impliqué la communauté internationale, Déby s'est appliqué à la rassurer, hier, sur ces deux points. Le Président a reporté d'un mois la mise à exécution de sa menace sur le contentieux pétrolier, afin de permettre une médiation des Etats-Unis. Il a également assuré au Haut Commissariat pour les réfugiés que les rescapés du Darfour « ne seront pas refoulés ».

Jeudi dernier, le Tchad a stoppé, avec le soutien logistique de la France, l'offensive des rebelles du Front uni pour le changement (FUC) sur la capitale, N'Djamena. Bilan officiel : 370 morts. La tension est montée avec le Soudan voisin. Déby a rompu tout lien diplomatique avec lui vendredi, entraînant le retrait de la délégation tchadienne des négociations de paix sur le Darfour. Et hier, les autorités ont accusé Khartoum d'être « en train de reconstituer une nouvelle armée » rebelle.

Faustine Vincent