Monde

Le Qatar appelle les dirigeants arabes à écouter leurs peuples

Les dirigeants du monde arabe doivent être ouverts aux demandes de réforme de leurs peuples, a déclaré dimanche le Premier ministre du Qatar.

«La réforme, ce n'est pas mauvais. Ce qui est mauvais, c'est ne rien changer et de faire preuve d'arrogance», a dit à la chaîne de télévision Al Arabia le cheikh Hamad ben Jassim al Thani, en marge du Forum économique mondial en Jordanie.

Le Qatar, comme d'autres pays riches du Golfe, a été largement épargné par le «printemps arabe» grâce à une politique d'aide économique à sa faible population.

Soutien aux rebelles libyens

Le Qatar est une monarchie sunnite depuis plus d'un siècle. Il a soutenu les rebelles libyens contre Mouammar Kadhafi et sa voix compte dans le monde arabe, grâce à la chaîne Al Djazira, basée à Doha, et à ses efforts de médiation.

«Il est dans (notre) intérêt d'être ouvert intellectuellement et de manière rationnelle à l'idée de réforme, qui peut bénéficier à (nos) pays», a dit le cheikh Hamad, lointain cousin de l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al Thani.

Le Premier ministre qatari a cependant mis en garde contre le recours à la violence pour obtenir le changement. «Nous sommes proches de tous les pays arabes et espérons que cette question pourra être résolue entre les gouvernements et leurs peuples sans aller vers le conflit ou la manifestation», a-t-il dit.

A Bahreïn, petit archipel du Golfe proche du Qatar, la monarchie sunnite a réprimé en février et mars les manifestations de la majorité chiite. Al Djazira a peu évoqué ce mouvement et le mois dernier, son patron Ouaddah Khanfar a démissionné soudainement, signe que la chaîne qatarie parlerait moins des révolutions arabes à l'avenir.