Espagne: le chef de la droite rejette «tout dialogue» avec l'ETA

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Le chef de la droite espagnole, Mariano Rajoy, favori pour diriger le prochain gouvernement après les législatives du 20 novembre, a rejeté dimanche «tout dialogue» avec l'ETA malgré l'annonce de la fin de la lutte armée, dans un entretien avec le journal catalan El Periodico.

«Dans aucun cas le gouvernement, si je le préside, ne va avoir un dialogue sur quoi que ce soit avec une organisation terroriste», a déclaré Mariano Rajoy, chef du Parti populaire que les sondages donnent gagnant devant les socialistes, au pouvoir depuis 2004.

En annonçant jeudi qu'il mettait un point final à 43 ans de lutte armée, le groupe basque a «lancé un appel aux gouvernements d'Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit».

«Si le PP gagne les prochaines élections, je ne suis pas certain qu'il doive payer quelque prix que ce soit pour la fin définitive de la violence. Et je peux déjà dire que dans tous les cas, je ne suis pas disposé à la faire», a-t-il ajouté.

Sitôt l'annonce de l'ETA, Mariano Rajoy avait salué «un pas très important» du groupe armé, se démarquant ainsi de la ligne la plus dure de la droite conservatrice, même s'il réclamé «la dissolution irréversible» de l'ETA.

L'ETA, dans sa déclaration, a rendu hommage à ses militants «qui subissent la prison ou l'exil», en référence aux 700 prisonniers derrière les barreaux en Espagne et en France, dont les familles ne cessent de dénoncer l'éloignement.

Selon de nombreux experts, l'annonce historique de jeudi, qui porte sur la fin de la lutte armée mais pas sur une dissolution de l'ETA, devrait contraindre le futur gouvernement à négocier sur cette question des prisonniers.