Un avion de chasse abattu au-dessus de Benghazi, en Libye, le 19 mars 2011.
Un avion de chasse abattu au-dessus de Benghazi, en Libye, le 19 mars 2011. — AFP PHOTO/PATRICK BAZ

CONFLIT

Libye: L'opération a coûté environ 300 millions d'euros à la France

Le ministre de la Défense assure que la mort de Kadhafi «n'arrange personne»...

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé dimanche à «un petit peu au-delà de 300 millions d'euros», le coût direct pour la France de l'opération militaire internationale en Libye contre les forces du colonel Kadhafi. «On va tourner à un petit peu au-delà de 300 millions d'euros en coût direct», soit «un tiers du budget» des Opérations extérieures (Opex) de l'armée françaises pour 2011, a-t-il déclaré au «Grand rendez-vous» Europe1, Itélé, Le Parisien.

Gérard Longuet estime que les incertitudes qui demeurent sur les circonstances de la mort jeudi de Mouammar Kadhafi n'arrangent «personne». «Au contraire, nous aurions aimé tout comprendre et tout savoir. Pourquoi cet homme qui en 2003 avait accepté de renoncer au terrorisme, avait été réintégré dans l'ordre international (...) a basculé dans le délire total?», a-t-il déclaré.

La France sera attentive aux déclarations du CNT

Interrogé sur les images de Kadhafi peu avant sa mort, Gérard Longuet a estimé que «le visage ensanglanté ne doit pas faire oublier tous les visages ensanglantés depuis 40 ans», et l'instauration du régime de Kadhafi. Le ministre a rappelé que «la commission des droits de l'homme de l'ONU avait demandé une enquête» sur les circonstance de la mort de l'ancien leader libyen: «Nous faisons partie des Nations unies, nous bénéficierons de cette enquête».

«Ce qui s'est passé à terre, nous ne le savons pas. Puisque par définition, depuis le 19 mars nous ne sommes pas à terre. Il y a une demande des Nations unies, faisons en sorte que le CNT» - les nouvelles autorités libyennes - «réponde à cette demande», a-t-il poursuivi. Gérard Longuet s'est déclaré «très attentif» aux divisions au sein du CNT: «Un pays qui se reconstruit après 40 ans de dictature, qu'elle est sa structure sociale, politique (...) ? Nous ne le savons pas vraiment».

«Nous aurons avec la nouvelle Libye des relations d'Etat à Etat. Ca n'interdit ni la coopération, ni l'échange d'information, ni même l'échange de conseils. Nous ne sommes pas en Libye pour organiser l'Etat», a-t-il souligné.