Tunisie: Une campagne 2.0 pour entretenir l'élan de la révolution de jasmin

ÉLECTIONS es Tunisiens, qui doivent élire dimanche une Assemblée constituante, ont été incités pendant toute la campagne électorale à aller aux urnes grâce à Internet...

Bérénice Dubuc

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Une page Facebook consacrée à la Tunisie.
Une page Facebook consacrée à la Tunisie. — STJEPANOVIC DANKO/SIPA

De notre envoyée spéciale en Tunisie

La campagne électorale tunisienne se finit officiellement ce vendredi soir à minuit, et le scrutin a lieu dimanche (de jeudi à samedi pour les Tunisiens de l'étranger). Préoccupation majeure de cette campagne, qui a commencé le 1er octobre dernier: informer, voire éduquer le pays à la politique et à la démocratie.

Car, avec 23 ans de règne sans partage de Ben Ali et de son parti, le RCD, la Tunisie n’a pas de tradition démocratique. Il a donc fallu trouver un moyen de maintenir l'élan de la «Révolution du jasmin» et s'assurer que le plus de Tunisiens possible iront voter dimanche.

Et cette campagne électorale s’est faite fait non seulement «IRL», avec de classiques opérations de tractages et des meetings politiques -malgré le manque de culture militante- organisés partout à travers le pays, mais aussi sur Internet, encore relais de l'élan démocratique entamé en janvier dernier. Le Web reste en effet le moyen le plus rapide, le plus large et aussi le moins coûteux pour diffuser l’information.

Une Instance 2.0

L’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (Isie), qui a pour «mission principale de superviser les élections de l’Assemblée nationale constituante et  d’assurer des élections démocratiques, pluralistes, honnêtes et transparentes», a donc investi Internet.

Elle a ainsi lancé son site Web, où les Tunisiens peuvent s’informer sur l’instance elle-même, sur le déroulement des élections, mais aussi, pour ceux qui sont âgés de plus de 18 ans, s’inscrire sur les listes électorales, et trouver leur bureau de vote.

Mais ce n’est pas tout. L’Isie possède une page Facebook, un compte Twitter, et diffuse aussi ses spots vidéo sur sa chaîne YouTube. Objectif: organiser des campagnes pour vulgariser le processus électoral et inciter à la participation aux élections.

En dehors de l’Isie, le Web citoyen s’est aussi développé. Comme en France, certains sites se proposent ainsi d’indiquer à l’électeur tunisien de quel parti et idéologie il est le plus proche via un questionnaire (et aussi ici, ici, et ). Mais le Web tunisien va un peu plus loin.

Le Web citoyen

Délaissant le débat télévisé, vieillot, l’électeur tunisien a ainsi sa propre chaîne de débats politiques et participatifs, sur YouTube: TunisiaTalks. Le principe: l’internaute pose sa question -en vidéo ou en commentaire- et les questions qui ont reçu le plus de «like» sont posées à l’invité.

De plus, des projets citoyens cherchent également à prolonger le souffle démocratique de janvier dernier grâce au vecteur Internet: projets de Constitution participatifs, tentatives de classement de la multitude de partis tunisiens pour décrypter le paysage politique du pays (ici, ou encore ).

Le tout, sans compter que, parmi ces blogueurs, quelques-uns (six exactement) ont franchi le pas: ils seront acteurs dimanche en mettant leur bulletin dans l’urne, mais ils ont également choisi de se présenter sur les listes électorales. La première élection tunisienne post-Ben Ali est donc résolument 2.0.