Des Libyens célèbrent la mort de Mouammar Kadhafi à Tripoli, la capitale de la Libye, le 20 ocotbre 2011.
Des Libyens célèbrent la mort de Mouammar Kadhafi à Tripoli, la capitale de la Libye, le 20 ocotbre 2011. — SIPA/ Chine Nouvelle

MONDE

Mort de Mouammar Kadhafi: Qu'est ce qui attend la Libye?

Quelques heures après la mort du colonel, se pose désormais la question de la transition politique et militaire. «20Minutes» fait le point...

Que va-t-il se passer dans les prochaines heures en Libye?

La libération totale du pays devrait être annoncée par le Conseil national de transition (CNT) dimanche, à 17h, à Benghazi.  Le CNT, par la voix de son porte-parole à Benghazi Abdel Hafez Ghoga, a déjà salué «un moment historique», «la fin de la tyrannie et de la dictature. Kadhafi a rencontré son destin».

L’opération de l’Otan est donc finie?

«Je pense qu'on peut dire que l'opération militaire est terminée», a déclaré Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, ce vendredi sur Europe 1.  «Sous réserve de quelques mesures transitoires dans la semaine qui vient, l'opération de l'Otan est arrivée à son terme», a-t-il poursuivi.

Les pays membres de l'Otan devraient décider ce vendredi du retrait progressif du dispositif naval et aérien de l'Alliance. Cette annonce devrait être faite lors du Conseil des ambassadeurs des 28 pays membres de l'Otan qui se tiendra à 14h30 à Bruxelles. «Ils vont probablement décider de mettre un terme aux opérations mais cette décision ne devrait être effective que dans les deux prochaines semaines», a indiqué un porte-parole de l'Otan.  Selon un responsable de l'Alliance atlantique, quelques opérations aériennes devraient être maintenues avant l'annonce officielle de la fin de la mission. Ce «démontage» de l'opération va prendre plusieurs jours mais «nous n'irons pas jusqu'à la Toussaint», a précisé le ministre de la Défense Gérard Longuet dans Le Monde.

«C'est vraiment aux Libyens de construire l'avenir, pas à nous», a estimé Nicolas Sarkozy ce vendredi, avant de préciser: «nous continuerons à les aider autant qu'ils en exprimeront le besoin».

La résolution 1973 de l’ONU, adoptée le 17 mars, autorisait le recours à la force pour protéger la population civile contre l’offensive des troupes loyalistes.  L’opération de l’Otan avait débuté le 31 mars, soit un mois après le début de l’insurrection. La France et la Grande-Bretagne s’étaient engagées les premières dans le conflit, le 19 mars. 

Que va faire le CNT dans l’immédiat?

Passée l’exultation, le CNT a une lourde mission: Reconstruire le pays. «Mouammar Kadhafi a créé un grand vide pendant son exercice du pouvoir: il n’y a ni institution, ni armée», indiquait jeudi à 20Minutes Riadh Sidaoui, le directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales de Genève. Il va s’agir d’une «phase de reconstruction, voire de construction de la Libye», a insisté Alain Juppé ce vendredi sur Europe 1. 

Selon Riadh Sidaoui, la priorité va être de «construire une armée nationale, homogène et disciplinée». Le pays regorge en effet d’armes, dont pourraient s’emparer des groupes radicaux qui pourraient nuire à la réconciliation. L’Otan a d’ailleurs déjà indiqué que l’arrêt progressif de ses missions de surveillance se ferait en fonction des capacités du CNT à maintenir la sécurité dans le pays.

Et sur le plan politique?

La Libye est confrontée à un défi considérable: instaurer une démocratie dans un pays qui n’a «aucune tradition électorale, contrairement à l’Egypte et à la Tunisie», comme le souligne le chercheur Riadh Sidaoui. Le CNT a indiqué dès sa création qu’il instaurerait un gouvernement transitoire une fois Kadhafi tombé, avant d’organiser des élections. 

Seulement, se pose la question des leaders. Le CNT a bien un chef officiel, Moustafa Abdeldjelil, mais son numéro deux, Mahmoud Jibril, est également en vue.  Et le Conseil souffre déjà de divisions internes, entre laïcs et partisans d’un islam politique. Des chefs militaires, qui ont mené la bataille sur le front, pourraient également se manifester.